Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Connard de beurre demi-sel !

Ces poètes de cuistots dans « Top Chef »

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

mardi 26 mai 2009 17:11

  • internet

La mémé blogueuse passe le clic à gauche

Disparition. Maria Amelia Lopez Soliño, la vieille dame la plus populaire de la blogosphère espagnole, est morte à l’âge de 97 ans. 

par François Musseau

tag : blog

Mémé et Zapatero - DR

MADRID (Espagne), de notre correspondant

« Je ne veux ni larmes ni fleurs/ Je ne veux que la pierre où se bercent mes amours. » C’est l’épitaphe, écrite par son petit-fils en langue galicienne, gravée sur le cyber-cercueil de la plus vieille, et peut-être la plus aimée blogueuse du monde.

Maria Amelia Lopez Soliño, une Galicienne de 97 ans, est décédée le 20 mai. En emportant pour l’éternité une affluence record pour son blog, lancé en 2006 – soit, hier, un total de 1,6 million de visites. Depuis la disparition de cette anonyme retraitée, projetée en fin de parcours dans le vedettariat via Internet, les messages de condoléances s’accumulent sur son blog – au moins un demi-millier. Preuve que les lecteurs étaient assidus aux confidences de cette grand-mère blogueuse qui aura traversé près d’un un siècle, de la Guerre Civile espagnole (1936-1939) à la longue dictature du général Franco, éteint en 1975. Et qui, en 2007, reçut un prix pour la qualité de son blog, décerné par la chaîne allemande internationale Deutsche Welle.

« A mes 95 ans », s’intitulait son blog dans lequel, avec une constance spartiate, Maria Amelia Lopez narrait sa vie quotidienne, de son cocido mitonné (pot-au-feu), au dernier programme de télévision, le tout assorti de commentaires personnels. A ses 95 ans, précisément, un certain 23 décembre, c’est la date où, de son propre aveu, sa vie a « radicalement changé ». Ce jour anniversaire, son petit-fils lui offre un blog. Pour cette vieille femme, qui se déplaçait à peine et qui n’avait presque jamais quitté la petite bourgade de Muxia, un village de pêcheurs planté sur une côte sauvage de Galice, cette opportunité lui « ouvre une fenêtre sur le monde ». Son petit-fils se charge de pianoter ce qu’elle lui dicte. Dès lors, confiait la Abuela bloguera (la grand-mère blogueuse, son surnom), « j’ai pu apprendre des tas de choses intéressantes, et me faire plein d’amis dans le monde, même s’ils ne m’ont jamais vue ». Ses fans étaient issus des cinq continents, de Santiago du Chili à la Chine. « Nonagénaire global », titrait El País le jour de sa mort. Dans une récente vidéo, elle s’adressait ainsi à la caméra : « Avec Internet, je me distrais et je me sens mieux. C’est comme si j’avais un ami avec qui converser. Dans ma chambrette, je me sens comme enfermée dans un couvent, mais avec le blog, j’oublie ma maladie. »

Maria Amalia était socialiste depuis l’âge de 14 ans. Malgré la répression franquiste, elle disait ne jamais avoir trahi ses idéaux, même si son franc-parler lui avait valu plusieurs amendes pour « immoralité » pendant la dictature. Sa plus grande fierté, c’est d’avoir salué, toute jeune, le socialiste Manuel Azaña, président de la Deuxième République (1931-1936). Puis, environ soixante-dix ans plus tard, d’avoir été reçue par José Luis Zapatero, son idole. « Avec ce blog, je souhaite me divertir, communiquer avec mes blogueros et pousser les personnes âgées à utiliser Internet pour sortir de leur isolement. Moi, cela m’a rajeuni de vingt ans », disait-elle. Quid du blog, désormais  ? Non sans malice, son petit-fils glisse  : « Où que soit désormais ma grand-mère, elle lira tous vos commentaires, et n’en laissera aucun sans réponse. »

Paru dans Libération du 26 mai 2009


Il y a 2 réactions à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager sur Facebook TweetPartager sur Google+

Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

blog - Des chats et des hommes

article précédent
Trailer est-il ? Dolan’s Cadillac, Dark House, Run ! Bitch Run !...
article suivant
Au fil des jeux : Diablo III, Dragon Ball et les autres...


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • réactions (2)
  • Tweet
  • Partager sur Facebook
  • Partager sur Google+

Actualit

  • A sec, la télé publique saque la culture
  • Xbox One : Microsoft vous regarde
  • Entendu sur le web : Au coin de la rue : Amina, la solitude
  • La mission Lescure envoie son coordinateur au CSA
  • Silence on joue ! La Xbox One, Metro Last Light

Lib.fr

  • Manif pour tous, radicalisation pour certains
  • Rugby : Toulon se qualifie en finale du Top 14 en battant Toulouse
  • A la une de «Libé» : Retour au Bangladesh, la honte
  • Affaire Tapie : Christine Lagarde placée sous le statut de témoin assisté
  • Christine Lagarde en témoin assisté, le FMI rassuré
publicité

Etonnant, non ?

img75
L’art de la table

Chaque jour du mois de mars, l’artiste Hong Yi a créé une œuvre d’art en respectant deux règles : 1) utiliser uniquement de la nourriture et 2) faire d’une assiette blanche la toile de fond.


Chronophage

Minimalist Mayhem

Pas de bol : on menait une vie bien tranquille de petit cube gris dans son monde gris, et voilà que d’extravagants aliens débarquent pour nous pourrir la vie.


En bref

img75
Hadopi : Aurélie Filippetti décrète la fin de la coupure

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a annoncé que la coupure d’accès à Internet, dernière des sanctions graduées en cas de piratage, serait supprimée par décret « extrêmement rapidement ».


Vendredi, à poils !

img75
Sushis et chats-shimis

Le Japon aime les chats ; le Japon aime les sushis. Et certains étranges personnages japonais aiment donc les chats-sushis.


Inutile donc inutile

img75
Sur le bout des onglets

Bon c’est sûr, il faut aimer l’accordéon.


Vidéo box

img75
Animation atomique

Sorti il y a quinze jours sur YouTube, « A boy and his atom » est le premier film animé de l’histoire avec... des atomes.




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008