Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Je rejette le terme “piratage”. Ce sont des gens qui écoutent de la musique et la partagent avec d’autres personnes.

Steve Albini, pilier du rock indépendant américain depuis 1982

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

mardi 26 mai 2009 17:11

  • internet

La mémé blogueuse passe le clic à gauche

Disparition. Maria Amelia Lopez Soliño, la vieille dame la plus populaire de la blogosphère espagnole, est morte à l’âge de 97 ans. 

par François Musseau

tag : blog

Mémé et Zapatero - DR

MADRID (Espagne), de notre correspondant

« Je ne veux ni larmes ni fleurs/ Je ne veux que la pierre où se bercent mes amours. » C’est l’épitaphe, écrite par son petit-fils en langue galicienne, gravée sur le cyber-cercueil de la plus vieille, et peut-être la plus aimée blogueuse du monde.

Maria Amelia Lopez Soliño, une Galicienne de 97 ans, est décédée le 20 mai. En emportant pour l’éternité une affluence record pour son blog, lancé en 2006 – soit, hier, un total de 1,6 million de visites. Depuis la disparition de cette anonyme retraitée, projetée en fin de parcours dans le vedettariat via Internet, les messages de condoléances s’accumulent sur son blog – au moins un demi-millier. Preuve que les lecteurs étaient assidus aux confidences de cette grand-mère blogueuse qui aura traversé près d’un un siècle, de la Guerre Civile espagnole (1936-1939) à la longue dictature du général Franco, éteint en 1975. Et qui, en 2007, reçut un prix pour la qualité de son blog, décerné par la chaîne allemande internationale Deutsche Welle.

« A mes 95 ans », s’intitulait son blog dans lequel, avec une constance spartiate, Maria Amelia Lopez narrait sa vie quotidienne, de son cocido mitonné (pot-au-feu), au dernier programme de télévision, le tout assorti de commentaires personnels. A ses 95 ans, précisément, un certain 23 décembre, c’est la date où, de son propre aveu, sa vie a « radicalement changé ». Ce jour anniversaire, son petit-fils lui offre un blog. Pour cette vieille femme, qui se déplaçait à peine et qui n’avait presque jamais quitté la petite bourgade de Muxia, un village de pêcheurs planté sur une côte sauvage de Galice, cette opportunité lui « ouvre une fenêtre sur le monde ». Son petit-fils se charge de pianoter ce qu’elle lui dicte. Dès lors, confiait la Abuela bloguera (la grand-mère blogueuse, son surnom), « j’ai pu apprendre des tas de choses intéressantes, et me faire plein d’amis dans le monde, même s’ils ne m’ont jamais vue ». Ses fans étaient issus des cinq continents, de Santiago du Chili à la Chine. « Nonagénaire global », titrait El País le jour de sa mort. Dans une récente vidéo, elle s’adressait ainsi à la caméra : « Avec Internet, je me distrais et je me sens mieux. C’est comme si j’avais un ami avec qui converser. Dans ma chambrette, je me sens comme enfermée dans un couvent, mais avec le blog, j’oublie ma maladie. »

Maria Amalia était socialiste depuis l’âge de 14 ans. Malgré la répression franquiste, elle disait ne jamais avoir trahi ses idéaux, même si son franc-parler lui avait valu plusieurs amendes pour « immoralité » pendant la dictature. Sa plus grande fierté, c’est d’avoir salué, toute jeune, le socialiste Manuel Azaña, président de la Deuxième République (1931-1936). Puis, environ soixante-dix ans plus tard, d’avoir été reçue par José Luis Zapatero, son idole. « Avec ce blog, je souhaite me divertir, communiquer avec mes blogueros et pousser les personnes âgées à utiliser Internet pour sortir de leur isolement. Moi, cela m’a rajeuni de vingt ans », disait-elle. Quid du blog, désormais  ? Non sans malice, son petit-fils glisse  : « Où que soit désormais ma grand-mère, elle lira tous vos commentaires, et n’en laissera aucun sans réponse. »

Paru dans Libération du 26 mai 2009


Il y a 2 réactions à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

blog - La disposition des poils inter-coussinets

article précédent
Trailer est-il ? Dolan’s Cadillac, Dark House, Run ! Bitch Run !...
article suivant
Au fil des jeux : Diablo III, Dragon Ball et les autres...


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • réactions (2)
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Lekiosque.fr se presse à l’étranger
  • Pierre Lescure, des intérêts en question
  • Angry Birds prend son envol social
  • Pas de « Silence on joue » cette semaine
  • [Vidéo] Ecrans.fr, le podcast citoyen

Lib.fr

  • Des «irrégularités» au sein de la section PS de Liévin
  • Bourdes ministérielles, la (première) compil'
  • Quel acteur a vu sa carrière décoller grâce à «Thelma et Louise» ?
  • Québec : près de 700 manifestants arrêtés dans la nuit
  • Angry Birds prend son envol social
publicité

Inutile donc inutile

img75
Un coup de Moog

Jouer du Daft Punk avec le doodle Moog de Google ? Yes he can.


Chronophage

Wake up the Box 4

On ne se contente plus d’assembler les pièces de bois à notre disposition pour construire une machine à réveiller la boîte. Il faut désormais les dessiner soi-même.


Ecouter / Voir

img75
Un clip dans ses petits papiers

« Østersøen » fera moins consensus sur son style musical que ses charmants décors en papier et carton.


Hum, bizarre...

img75
Dans le secret des lieux

L’un des gouvernements les plus zélés sur Google Earth est celui des Pays-Bas, qui a recouvert d’esthétiques polygones des centaines de sites stratégiques (palais royaux, dépôts de fuel, bases militaires...)


Vidéo box

img75
Meilleurs souvenirs du net

Marco Cadioli se livre à des dérives existentielles autour du globe avec Google Earth.


Vendredi, à poils !

img75
« Ce glandeur de phoque du Groenland n’a pas de boulot »




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008