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dimanche 11 juillet 2010 10:58

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« La migration vers l’offre légalisée de paris en ligne fonctionne »

par Christophe Alix

tags : interview , paris en ligne

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La Française des jeux et le PMU refont le match

Les deux ex-monopoles se retrouvent en concurrence sur le Net.

Ancien directeur de cabinet de Jean-François Lamour au ministère des Sports, ex-directeur général de la Fédération française de tennis, le haut fonctionnaire Jean-François Vilotte est le président de l’Arjel, la toute nouvelle Autorité de régulation du jeu en ligne. Presque un mois après l’ouverture officielle des paris en ligne à la concurrence et à quelques heures de la clôture de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud, il dresse pour Libération un premier bilan.

Quels enseignements tirez-vous de ces premières semaines de libéralisation du marché ?
Le principal enjeu, on l’a dit et répété, était de faire basculer une offre de paris en ligne essentiellement non contrôlée vers un nouveau dispositif sécurisé et régulé. Ce que je peux vous dire, c’est que quatre semaines après l’ouverture, le montant des mises représentait plus de 80 millions d’euros avec environ 1 million de comptes enregistrés auprès des opérateurs agréés. Un chiffre conforme à nos prévisions.

Et donc, qu’est-ce que cela signifie ?
Si l’on considère l’activité « légale » de paris sportifs en ligne en 2009, le chiffre était de 50 millions d’euros en France. 50 millions de mises réalisées sur l’unique site autorisé avant le 13 juin c’est-à-dire celui de la Française des jeux, alors même que l’on peut estimer que ce montant ne représentait que 5% des mises réelles en France, soit environ 1 milliard d’euros pour les paris sportifs. En moins d’un mois, nous avons ramené dans la légalité plus que ce qui a été parié en un an sur le seul site officiellement autorisé dans l’ancien système ! Nous y voyons la preuve que la migration vers l’offre légalisée fonctionne, qu’elle est bien entamée.

En même temps, ce n’est pas l’explosion attendue et parfois redoutée par certains ?
Non et je crois que cela correspond bien à l’esprit de la loi qui était de rechercher un point d’équilibre par une régulation qualitative du jeu et non plus quantitative. Autrement dit, il ne s’agit pas de pousser les Français à se mettre à jouer sur le Net. Le but est que l’on joue mieux en ligne, pas que l’on joue plus et, de ce point de vue, l’effet inflationniste provoqué par l’afflux d’offre légalisée et largement médiatisée n’a pas eu lieu dans les paris sportifs.

L’autre indicateur clé, c’est le fameux taux de retour au joueur (le taux maximal de redistribution des mises), plafonné à 85% et qui a un effet potentiel sur l’addiction. L’avez-vous mesuré ?
D’après les premiers éléments dont nous disposons, il se situe à ce jour entre 69% et 83%. Cela signifie qu’aucun site n’a mené de politique commerciale particulièrement agressive en proposant des cotes très attractives pour recruter plus de joueurs.

La fiscalité est-elle viable pour des sites qui pour la plupart ne payaient pas un euro d’impôt en France avant l’ouverture du marché ?
Elle n’est pas confiscatoire comme le critiquent certains, mais il est certain que les règles ont été pensées de manière à ce que les nouveaux opérateurs agréés ne puissent pas faire n’importe quoi. Le taux d’imposition global, autour de 10%, rend de toute manière difficile la rétribution du joueur au-delà de 85%. Ce n’est pas seulement une question de recettes fiscales qui globalement devraient rester stables pour l’Etat, cela permet de lutter contre l’addiction et de protéger l’éthique sportive.

Dans le cas du poker, certains se plaignent que les Français ne puissent pas rencontrer de joueurs étrangers inscrits en .com sur les tables virtuelles et affirment que cela va inciter au contournement de la loi…
Le marché du poker n’est ouvert que depuis huit jours. On ne peut pas avoir la moitié de la table non contrôlée et « dans l’ombre » du point de vue du régulateur. Cette mesure est donc nécessaire pour assurer la protection du joueur enregistré en .fr. Maintenant, si l’on parvenait à aller vers des standards de régulation harmonisés, rien n’interdit de penser que cette disposition puisse évoluer lors de la clause de revoyure de la loi prévue dans dix-huit mois.

Paru dans Libération 09/07/2010


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