mercredi 10 février 2010 15:10
La mort suspendue
par Andréa Fradin
Des animaux empaillés, des fruits en décomposition... Vue comme ça, l’œuvre de Claire Morgan — et pas Clara, rien à voir — tend inévitablement vers le glauque. Mais si un vague "beurk" traverse d’abord l’esprit, les installations de l’artiste provoquent inévitablement une certaine fascination esthétique et un brin morbide, on vous l’accorde. Le principe est globalement toujours le même — tant et si bien que miss Morgan s’est vue suspectée de sérieux troubles obsessionnels compulsifs. Des milliers de fils de nylon, sur lesquels on retrouve plumes, végétaux ou débris naturels en tout genre, sont tendus dans l’espace, semblant ainsi figer le temps en un ensemble géométrique cohérent. Et dans un coin de cette figure, on retrouve généralement un ou plusieurs animaux empaillés. La rencontre d’une structure rigide créée par la main de l’homme et des êtres -anciennement- vivants est sensée provoquer un questionnement sur notre place dans la nature et sur l’inéluctabilité de la mort, qui lie le sort de chaque organisme sur Terre. Bon, et si ces concepts ne sont pour vous que vaste verbiage, vous pouvez toujours imaginer l’expérience visuelle et olfactive qu’on peut vivre face à des centaines de machins suspendus en train de pourrir. Rien que pour ça, ça vaut le détour.
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