mardi 10 juin 2008 14:49
La musique numérique progresse, mais pas assez
par Camille Gévaudan
tags : musique , téléchargement , mp3 , étude
CC Neil101
L’industrie du disque va toujours aussi mal. C’est ce que constate le rapport publié par l’Observatoire de la musique et l’institut Gfk sur les marchés de la musique enregistrée en 2007. Le chiffre d’affaires total, d’un montant de 1,216 milliards d’euros, enregistre une baisse de 16,2% par rapport à 2006. Les albums ne chutent « que » de 11,2% en volume d’unités vendues, tandis que les singles affichent -52%. Parallèlement, ces derniers progressent sur le marché numérique avec une hausse de 48,7% de titres vendus sur PC et de 127% sur téléphones mobiles. La musique numérique représente donc aujourd’hui 40,2 millions d’euros, soit +27,6% depuis l’an dernier. Mais ne correspond qu’à 3,4% du chiffre d’affaires global, ce qui ne suffit pas à redonner le sourire aux acteurs du marché. Dans le rapport, tout le monde pleure : les distributeurs qui ne toucheraient aucune marge sur les nouveautés vendues à moins de 23€, Michel Polnareff dont les disques se vendent moins que les billets de concert, la musique classique qui n’arrive à s’écouler que par coffrets d’une centaine de CDs... La faute à « la baisse sensible du pouvoir d’achat » et à « l’attractivité d’autres pratiques culturelles (vidéo, jeux) » selon l’Observatoire de la musique. Le téléchargement illégal est bien sûr également mis en cause : c’est « une pratique qui s’est généralisée au point que certaines classes d’âge n’imaginent même plus de revenir sur le marché payant » (même si les pirates ont des difficultés à télécharger des titres au Japon, d’où une chanson met trois jours pour revenir en France...). Plus personne n’achète donc de galette, mais le marché physique représente encore 90% du chiffre d’affaire de l’industrie musicale (« 80% en 2010 ? », préfère dramatiser l’analyse). Le rapport tire la sonnette d’alarme sur la concentration de l’offre, qui « devient un problème économique » : 8,2% du catalogue font aujourd’hui 90% du marché. Sans doute le résultat des sacrifices des grandes maisons de production, malheureusement contraintes, « pour des raisons de communication financière », de prendre sur « leur politique salariale [...] et la prise de risque sur des nouveaux artistes » pour rester rentables. Dans leur misère, les quatre géants (Universal, Sony BMG, EMI et Warner) se partagent tout de même 78% du marché et la société de M. Nègre a encore grignoté 2,5 points sur ses concurrents.
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