mercredi 19 septembre 2007 11:35
La presse américaine trouve le gratuit payant
tags : presse , moteurs de recherche , économie , États-Unis
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De plus en plus de grands journaux américains optent pour la gratuité de leur site Internet. Le New York Times, dont l’édition papier tire à 1,2 million d’exemplaires par jour, a annoncé hier qu’il cesserait dorénavant de faire payer ses lecteurs en ligne pour une partie de son contenu. La raison invoquée est la rentabilité sur le moyen terme. Il y a deux ans, le quotidien avait commencé à lancer ses abonnements en ligne sous l’appellation « TimesSelect ». Pour 50 dollars par an (36 euros), les internautes avaient accès aux archives du journal depuis 1851 ainsi qu’aux éditoriaux de plumes réputées de columnists tel Frank Rich. Les abonnés de l’édition papier, ainsi que certains étudiants, bénéficiaient d’un accès sans frais à « TimesSelect ». Le Times était parvenu en deux ans à convaincre 227 000 personnes de s’abonner en ligne, générant ainsi un revenu assez considérable de 10 millions de dollars par an (7,2 millions d’euros). « Mais, explique le directeur de nytimes.com, le fait est que nos projections de croissance et de rentabilité sur ce modèle payant sont moindres que pour le modèle axé sur la publicité. » Le Los Angeles Times, après avoir lancé une édition réseau payante pour sa rubrique « culture » en 2005, était, lui aussi, très vite revenu sur sa décision car celle-ci avait entraîné une chute de la fréquentation de son site. Le Wall street journal, dont l’édition papier est publiée à travers tout le pays, est le quotidien qui a rencontré le plus de succès avec le modèle payant. Le WSJ fait payer ses lecteurs en ligne pour la plupart de son contenu depuis onze ans. Son million d’abonnés Internet ne lui rapporte pas moins de 65 millions de dollars par an (47 millions d’euros). Depuis son récent rachat par News Corp, la société de Rupert Murdoch, le WSJ songerait, lui aussi, à mettre un terme à ce modèle ancien, là encore en raison des perspectives de croissance plus importantes de ce modèle basé sur la pub. Pour le New York Times, le déclic vient du fait qu’un nombre de plus en plus considérable de lecteurs potentiels de son édition Web est amené par des liens générés par les moteurs de recherche. Cet afflux croissant de nouveaux clients, qui ne se seraient probablement pas dirigés volontairement sur le site du journal, est potentiellement capable de faire décoller le taux de fréquentation du site, et ainsi de générer un revenu publicitaire accru. Jusqu’alors, le désir de lecture de ces nouveaux venus était frustré par la barrière payante. Ces lecteurs « opportunistes », qui seraient 13 millions selon le Times, sont peu enclins à sortir leur carte de crédit pour lire un simple article, et encore moins pour s’abonner. Le nouveau business model choisi par le Times devrait permettre de tirer parti d’une situation assez inattendue. « Nous n’avions pas anticipé cette explosion de la fréquentation générée par les moteurs de recherche comme Google et Yahoo », reconnaît Vivian Schiller, le directeur de nytimes.com. Et le quotidien new-yorkais affirme pouvoir cibler les pubs qui paraîtront sur son site, selon les préférences des lecteurs qui le fréquentent.
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