mardi 13 mai 2008 09:52
La société des amateurs
par Yan de Kerorguen
tags : licence libre , Wikipédia , web 2.0 , réseau social
Illustration Marie-Eve Tremblay. Colagène.com
Lors d’un débat public organisé en mars dernier par l’association Vivagora sur le thème « Comment mettre l’innovation en démocratie », le philosophe Bernard Stiegler, président d’Ars Industrialis, a souligné la difficulté à penser « le tremblement de terre déclenché par ces mutations » portées par les « technologies transformationelles » que sont Internet, les nanotechnologies ou les biotechnologies. « Notre ennemi, c’est la bêtise de l’industrie, non l’industrie elle-même, soulignait-il. Notre société va mal parce qu’elle ne supporte plus la séparation entre la production et la consommation, entre les experts et les profanes. » La « culture de la contribution » qu’on trouve dans les technologies collaboratives (Wikipedia, logiciels libres, réseaux sociaux...) s’est développée parce que la société le désire. Elle réhabilite la figure de l’amateur, donc celle du citoyen « cet amateur de politique ». Ces technologies de trans-individuation peuvent aussi bien « libérer l’incontrôlable » qu’apporter des solutions ou construire du désir. Tout se résume à une question de régulation d’où sortiront des comportements nouveaux. « Le pire, met en garde Bernard Stiegler, serait que nous regardions passer ces phénomènes comme les vaches regardent passer les trains. »
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