jeudi 27 décembre 2007 17:03
Travail : Le Tétris de l’information
par Astrid Girardeau
cc pixelthing.com
Répondre au mail d’un client, au texto d’un collègue et au coup de téléphone du chef (sans compter ceux des ses amis et conjoint), tout en avançant sur ses dossiers s’est imposé comme le quotidien du travailleur multi-tâches. Sauf que dans la réalité, ça n’est pas aussi bien huilé. De nombreuses études ont montré que la sur-information, et les multiples interruptions qui l’accompagnent, est source de perte de temps, et finalement de perte de productivité. « C’est trop d’information. C’est trop d’interruptions. C’est trop de perte de temps », résume Jonathan Spira, analyste chez Basex, dans un communiqué de presse. Cette société d’étude, qui a l’habitude de nommer un produit ou une personne de l’année, a décidé d’élire la sur-information (« information overload ») comme le « Problème de l’année ». Dans un rapport intitulé [Sur-information : Nous avons rencontré l’ennemi et c’est nous], ils comparent cette situation à Tétris : « Ce n’est pas différent du jeu Tétris, où le but est d’éviter que les blocs s’empilent. A peine, vous en alignez un, qu’un autre est prêt à prendre sa place. » Pour Basex, la sur-information est devenue nuisible aux sociétés de toute taille, « baissant leur productivité et entravant leur innovation ». Nathan Zeldes, ingénieur chez Intel, où le phénomène est étudié, confirme, estimant son impact à huit heures par semaine. Par année, Basex estime que les interruptions font perdre 650 milliards de dollars à l’économie américaine. Jonathan Spira explique que si la sur-information n’est pas nouvelle, le problème s’est amplifié en même temps que notre attente pour des réponses de plus en plus rapides. Et plus il y a d’informations disponibles, plus on perd son temps à rechercher la bonne, que ce soit dans un vieux mail ou dans un moteur de recherche. « Après tout, ce qui est une interruption pour l’un est une collaboration pour un autre » tempère le New York Times. Mais selon Spira, les travailleurs peuvent perdre 10 à 20 fois le temps passé pour l’interruption pour se remettre au travail. Car, savoir être multi-tâches n’est pas donné à tout le monde. « Ce n’est pas simplement une histoire de trop de mails, trop d’interruptions, trop de projets et trop de contenus. C’est tout ça en même temps, et parfois comme un orchestre sans chef. » explique Basex. Or, selon une étude, réalisée cette année par Pew, 49% des américains se décrivent comme « peu techno », et voient la connexion permanente plus comme une gêne, que comme une libération. Aux entreprises, Basex fournit des conseils pour les aider à gérer cette surcharge d’informations. Pour le mail, ils préconisent par exemple : « je vais relire mes e-mails avant de les envoyer afin de s’assurer qu’ils sont compréhensibles pour les autres. », « je ne vais pas surcharger inutilement les collègues avec le courrier électronique, en particulier d’un seul mot des réponses telles que “Merci !” Ou “Super !” », ou encore « utiliser “répondre à tous” qu’en cas d’absolue nécessité ».
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