mardi 19 août 2008 16:04
La webradio Pandora pourrait jeter l’éponge
tags : musique , radio , droits d’auteur
Pandora - DR
Ca sent la fin pour Pandora : la webradio lancée en 2005 menace de fermer ses portes si l’industrie musicale américaine ne revoit pas à la baisse le tarif des royalties. Dans une interview accordée hier au Washington Post, Tim Westergren, patron de Pandora, se plaint en effet du niveau de rémunération réclamé par SoundExchange, l’association qui récolte les royalties pour les diffusions en radio aux États-Unis. « Nous approchons du moment où il faudra décider d’arrêter, explique Westergren. C’est la dernière change pour le webcasting. Dans la situation actuelle, nous perdons de l’argent. Si nous voyons que le problème n’a aucune chance d’être réglé au parlement, nous devrons fermer le service pour arrêter de dilapider de l’argent. » Depuis juillet 2007, SoundExchange a obtenu une nette augmentation des royalties reversées par les webradios : de 0,0008 dollar par écoute en 2006, le montant est passé à 0,0014 dollar en 2008 et devrait atteindre 0,0019 dollar en 2010, soit plus du double du montant initial. Une augmentation qui passe d’autant plus mal que les radios terrestres sont complètement dispensées de royalties. Pour Pandora, le montant à payer pour cette année devrait être de 17 millions de dollars, soit 70 % de son chiffre d’affaires de 25 millions de dollars. Un chiffre exorbitant, d’autant que l’entreprise, qui se finance uniquement via la publicité, emploie environ 120 personnes et doit également supporter d’importants coûts en bande-passante. L’an dernier, Pandora avait participé à la coalition SaveNetRadio, et notamment à la Journée de silence des webradios américaines. La coalition craignait à l’époque que les nouveaux tarifs des royalties ne tuent le webcasting à court terme. Pandora pourrait en être la première grosse victime. Pandora a déjà considérablement réduit son service depuis ses débuts. En mai 2007, pour résoudre des problèmes de droits et faire baisser ses coûts, le site avait décidé de ne plus être accessible qu’aux États-Unis. Il s’était de nouveau brièvement ouvert au Royaume-Uni, avant d’y être coupé définitivement à la mi-janvier. De nombreux services proches existent cependant encore, comme Last.fm, Imeem, Songza ou Seeqpod. En France, la Sacem n’est pas vraiment satisfaite par la situation actuelle, où les services de streaming reversent un forfait (8 % de leurs revenus annuels) : ainsi, le 19 juin, lors de la conférence de presse annuelle de l’organisme, Bernard Miyet, président de la Sacem, s’est plaint des faibles revenus générés par le Français Deezer, accusé de « dévaloriser la musique » : « Sur 6 mois, cela représente 70 000 euros. C’est grotesque, on est dans le micropaiement ! ». Des propos tout de même relativisés quelques jours plus tard dans une interview au site PCInpact : « Il faut demander à Deezer ce que sont leurs chiffres d’affaires publicitaires. C’est surtout cela. Pour l’instant, le marché est balbutiant dans tous les secteurs. »
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