vendredi 29 janvier 2010 12:24
Le Baltringue : qu’il est laid le bide, hey !
tag : comédie
Mon nom est Gaf. Lagaf’ - DR
« Pathétique ». Le mot n’est pas de nous, mais d’un spectateur affligé par 1h26 de supplice, croisé à la sortie du Baltringue, hier soir, dans un cinéma des Champs Elysées (seules deux salles parisiennes diffusent la chose). Le Baltringue, c’est le nouveau film de Cyril Sebas, co-réalisateur d’un Gomez vs Tavares passé totalement inaperçu en 2007. A l’affiche (et à la production), l’animateur TV Vincent Lagaf’ qui incarne ici l’animateur TV Monsieur Guy. Ce has been à moumoute cantonné à la présentation d’un télé-achat sinistre se retrouve embarqué dans une affaire de trafic d’armes aux côté d’un flic bourru (incarné par Philippe Cura, la brute épaisse des Caméra Café). Il y a aussi un histoire de casting façon Nouvelle Star, des jeunes de Rouen qui font du roller, et des chats dopés cachés dans une cave de cité. « Mon but premier, c’est de faire rire les gens », expliquait il y a quelques jours Vincent Lagaf’ en interview pour parler de cette « comédie d’action » sortie en catimini sur les écrans mercredi dernier (les grands circuits de distribution n’en ont pas voulu). Alors comment dire, Vincent... Oui, on a bien ri devant ce Baltringue, mais peut-être pas de la façon espérée par ses auteurs, en l’occurence Bibi « La Mentale » Nacéri, Chris « Blood the last Vampire » Nahon et Fred B. (c’est pas courageux, l’anonymat, mais on le comprend), le tout sur une idée de Lagaf’ himself. Si une telle réunion de talent n’augurait rien de bon à la base, rien, mais vraiment rien, ne pouvait préparer l’amateur de nanar à une telle débâcle filmique.
On commence par quoi ? Peut-être par quelques répliques, histoire de juger un peu de l’inspiration des Audiard du dimanche qui ont pondu de tels dialogues. Premier exemple, Lagaf’ et le flic sont en voiture (oui, le film fonctionne sur la dynamique éculée du duo que tout oppose façon Shrek et l’âne, devinez qui fait l’âne ici...). Le fonctionnaire, pas rassuré par la conduite de l’animateur, lui demande de se concentrer sur la route. La répartie claque : « Mais plus concentré que moi, à part le lait, y’a pas ! ». Rires gênés dans la salle. Un peu plus tard, mêmes personnages, l’agent déplore que son compagnon ait dévoilé aux méchants sa planque : « ça va niquer ma couverture ». Et Lagaf’ de répliquer : « ben t’as qu’à prendre une couette ! ». Ouin ouin ouin ouiuiuiuiuiuin. Tout dans le film inspire un profond sentiment de pitié, voire de malaise. Les comédiens semblent se demander dans quel pétrin ils se sont fourrés, et se lâchent pour le coup dans des grands moments de cabotinage gênant. La palme revient (après Lagaf’, bien sûr) à l’acteur belge Jean-Luc Couchard (vu dans Calvaire et Dikkenek), qui incarne un commissaire de police proche de Nicolas Sarkozy (qui voit dans une scène son portrait présidentiel dynamité au bazooka, quelle subversion !). Son jeu outrancier et purement insupportable ferait passer le Bernard Farcy des Taxi pour le mime Marceau sous Tranxène. Citons également le travail de sagouin du directeur de la photographie, les images du film évoquant généralement l’esthétique d’un épisode de Tatort, les faux-raccords lumière en plus. On va arrêter de tirer sur l’ambulance, qui à ce stade-là tient plus du corbillard. Pour information, 102 personnes seulement ont découvert le film (projeté dans 7 salles) mercredi en Île-de-France lors de sa première séance. Autant dire qu’un bide retentissant se profile (même si plus de 80 copies tournent actuellement en province), ce qui ne doit pas pour autant vous dissuader d’aller voir ce Baltringue. Sa vision reste une expérience assez fascinante que l’on conseille de vivre en groupe d’amateurs consentants. La bande annonce :
DR
Il y a 19 réactions à cet article.
Lire les réactions.Réagir à cet article.
Partager cet article
Partager TweetSur les mêmes thèmes:
comédie - Trailer est-il ?, l’édition ultime : du gore, du cul et de l’amour


