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jeudi 8 avril 2010 17:26

  • cinéma

« Le Choc des Titans », Persée moyen

par Alexandre Hervaud

tag : fantastique

Persée, peau lisse, contre les sorcières ridées - DR

Le Choc des Titans, de Louis Leterrier. Avec Sam Worthington, Liam Neeson, Ralph Fiennes. 1h58

Quelques mises au point avant de parler de ce Choc des Titans cru 2010 signé par le frenchy Louis Letterier (L’Incroyable Hulk) pour la Warner. Tout d’abord, on n’a pas vu la version 3D du film, non par défaut mais bien par choix, le rendu étant réputé totalement dégueulasse, une impression vérifiée par un valeureux confrère désormais aveugle pas plus tard qu’hier soir. Il semblerait donc que la mise en relief décidée en post-production pour Avatariser ce blockbuster (qui emprunte déjà à Cameron sa tête d’affiche, Sam Worthington, moins bleu mais également moins convaincant en Persée) n’ait absolument aucun intérêt hors le gonflage des recettes du film. Deuxième aveu : l’auteur de ces lignes n’a pas encore eu l’occasion de voir le Choc des Titans original, réalisé en 1981 par Desmond Davis, et donc d’apprécier à leur juste valeur les monstrueuses créations du génial Ray Harryhausen. La bande-annonce de l’époque en donne un bon avant-goût :

 

Un rapide mot sur l’histoire : le héros Persée, demi-Dieu car bâtard de Zeus (Liam Neeson en roue libre, son tonitruant « release the Kraken ! » est déjà un mème sur le Net), veut venger sa famille d’adoption en zigouillant Hadès, le dieu des Enfers, et accessoirement sauver la cité d’Argos du terrible Kraken, monstre maousse jaillissant des eaux, en très bon terme avec Hollywood depuis son come-back piraté avec Johnny Depp. On ne spoilera pas ici mais soyez prévenus : ce fameux Kraken, qui apparaît lors d’un climax assez époustouflant sur le plan formel mais trop vite emballé, ne dispose pas d’un temps de présence conséquent. En même temps, le bestiaire du film est déjà bien fourni : des scorpions géants, des Harpies dont on ne voit jamais bien la tête, Pégase le cheval ailé, des vieilles sorcières au design pompé sur le Pale Man du Labyrinthe de Pan, Medusa au regard de pierre et cheveux reptiliens, des bleus djinns, Mouloud Achour... Mais notre chouchou absolu n’est pas en CGI, c’est un homme en chair et en os : Madds Mikelsen.

DR

Encore à l’affiche (dépêchez-vous, les salles se raréfient) du Guerrier Silencieux, le film de viking expérimental de Nicolas Winding Refn, Mikelsen troque un Valhalla Rising pour un Olympus Falling, les vikings convertis au christianisme contre les grecs (dés)abusés par leurs Dieux. Tueur mutique dans l’un, compagnon de bataille plus bavard dans l’autre, le danois est l’un des rares acteurs du film à éviter le cabotinage outrancier (Ralph Fiennes en Hadès) ou la transparence totale (Gemma Arterton, qui récidivera sans doute dans Prince of Persia). Il ne permet tout de même pas de sauver un film pourtant assez réussi dans la plupart des scènes d’action, du moins quand elles sont lisibles, le découpage n’aidant pas toujours (cf la scène des scorpions où il faut facilement attendre deux minutes pour comprendre que les héros se battent non pas contre un mais plusieurs bestiaux à gros dards). La faute également à un script prévisible et bas de plafond qui ne réussit pas une seconde à provoquer une once d’attachement pour les personnages, à commencer par le principal. Nom de Zeus, comme c’est rageant.

Bande-annonce

[MAJ] Pour les personnes qui auraient vu le film et qui maîtrisent l’anglais, on peut conseiller la lecture de cet article du site CHUD qui revient sur les fortes différences entre la première version du film livrée par Leterrier et la finale, obtenue après divers reshoots et changement de scripts. Le manque de consistance de Persée, les nombreuses incohérences du film (le personnage de Zeus, notamment) et sa fin moisie n’étaient pas dans la première version du film. Rien ne dit cependant qu’une vraie director’s cut puissent voir le jour, d’autant que le film cartonne au box-office en l’état...


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