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jeudi 21 juillet 2011 13:28

  • internet

Le FBI se lance dans la traque des anonymes

par Julie Hamaïde

tags : police , États-Unis , Anonymous

CC Julian Farmer

Mardi, le FBI se félicitait de l’arrestation de 14 membres présumés d’Anonymous, cette nébuleuse activiste qui opère sur le net depuis déjà plusieurs années. L’opération américaine a été effectuée en coordination avec les polices de Grande Bretagne et des Pays bas.

  Extrait du projet de rapport de l’OTAN, session de printemps 2011 - DR  

« Aux dires d’observateurs, le collectif Anonymous, de plus en plus perfectionné, serait en mesure de pirater des fichiers sensibles du gouvernement, de l’armée et d’entreprises. […] Il est probable que face à de telles attaques, des parades seront mises au point et mises en œuvre, et que les groupes seront infiltrés et les auteurs poursuivis. » Dans un projet de rapport général, l’OTAN prédisait, dès le printemps, les multiples attaques qu’allait subir le groupe Anonymous.

Qu’ils s’en prennent à la scientologie passe encore, mais le FBI n’aurait pas pu rester les bras croisés devant le soutien de ces « cyberhacktivistes » au fondateur de WikiLeaks, Julian Assange. Au mois de décembre, alors que Paypal fait la moue au site spécialisé dans la diffusion de documents inédits, le service de paiement en ligne est victime d’une cyberattaque, signée Anonymous. A l’époque, ces pros de sécurité sur internet ne sont que peu connus. Très vite ils acquièrent le statut d’ennemi auprès de nombreux Etats. En effet, dès le mois de janvier, le groupe appuie les peuples tunisien et égyptien en piratant les sites de leurs gouvernements. Et les attaques se multiplient : de Sony aux banques espagnoles en passant par le groupe italien de communication MediaSet, appartenant à Silvio Berlusconi.

Depuis le mois de juin de nombreuses arrestations ont déjà eu lieu, notamment en Italie, en Espagne et en Grande Bretagne. Mardi, ce sont 14 personnes, âgées de 20 à 42 ans qui ont été interpellées par le FBI. Elles sont suspectées d’appartenir au groupe et d’avoir participé de près ou de loin à l’attaque des serveurs du blog de Paypal. Deux autres ont été arrêtées pour différents délits informatiques. Dans son communiqué (en anglais), le FBI remercie l’aide internationale et salue au passage ses homologues britanniques et hollandais. Le service de police de Grande Bretagne aurait arrêté un jeune homme de 16 ans, connu sur la toile sous le nom de Tflow et qui ferait également partie du groupe Lulzsec. Aux Pays-Bas, quatre personnes présumées appartenir au groupe ont été embarquées par les forces de police.

  "Solidarité avec nos camarades attrapés par la FBI. Ils ne peuvent pas nous arrêter, nous sommes Anonymous" - DR  

Sur Twitter, les messages de soutien aux « cyberhacktivistes » déferlent. « Ils ne nous arrêteront pas », « Nous sommes tous à vos côtés », « N’abandonnez pas », pouvait-on lire hier. Le nombre exact d’affiliés au groupe reste inconnu. C’est le principe même d’un mouvement qui regroupe finalement des internautes anonymes sensibles aux causes défendues sous la bannière « Anonymous ». Le combat des autorités risquent de fait d’être long, les personnes arrêtées jusqu’à présent ne sont sans doute que des gouttes d’eau par rapport à l’océan de membres actifs sur la toile.

Mise à jour (17h30)

Aujourd’hui, Anonymous et Lulz Security ont répondu au FBI via une déclaration commune publiée sur Pastebin. Ils s’adressent à l’un des conseillers du FBI, Steve Chabinsky qui déclarait récemment : « Il est tout à fait inacceptable de forcer la sécurité de sites internet et de commettre des actes illégaux. » Dans leur communiqué, les deux groupes reviennent sur ce qu’ils jugent inacceptable à leur goût ; les mensonges et la corruption des gouvernements ainsi que les sociétés qui s’en mettent plein les poches. Les « cyberhacktivistes » assurent qu’ils continueront de se battre contre ces gouvernements et ces entreprises. Ils avertissent : « Nous sommes de retour, et nous n’allons nulle part ».


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