lundi 15 novembre 2010 18:27
Le PAF timide sur la Toile
tag : websérie
Le visiteur du futur - DR
Pour Jérôme Clément, président d’Arte France, « Internet n’est pas qu’un média, c’est d’abord un espace de création ». Pas sûr que l’affirmation se vérifie chez la concurrence, à l’exception de Canal +. Si Arte a déjà versé dans le webdocumentaire (Gaza-Sderot, Prison Valley), Addicts constitue sa première incursion dans la websérie ; de son côté, la chaîne cryptée a déjà tâté le terrain, notamment en 2009 avec les 12 épisodes de son énergique Kali. Elle a depuis renouvelé l’expérience avec divers projets, dont l’un des plus récents est une comédie au titre évocateur : les Coups lisses du football. On y suit les mésaventures de deux apprentis agents de joueurs, façon sketchs plus ou moins inspirés, le tout saupoudré d’invités divers et (a)variés (le DJ Jean Roch, le chanteur M. Pokora…). Sinon, en matière d’innovation 100% Web, le PAF roupille, se concentrant sur la télé de rattrapage avec l’explosion de la catch-up TV. Cet aspect « vitrine de la grille » vaut aussi pour les rares tentatives d’utiliser le Net comme tremplin pour l’antenne : on pense au faux blog de Clem, héroïne de la fiction éponyme de TF1, via lequel on pouvait trouver des vidéos inédites. Cette stratégie crossmedia, pratiquée régulièrement par les networks américains (citons Lost ou The Office), permet de décliner des séries en webisodes avec une narration spécifique : Plus belle la vie compterait bientôt proposer des épisodes inédits (et payants) sur un site refait à neuf. S’ils sont rarement à l’origine de projets web, les diffuseurs peuvent toutefois s’intéresser à ce qui cartonne sur Dailymotion. C’est le cas par exemple de la chaîne Nolife qui retransmet plusieurs webséries comme Flander’s Company, Noob ou le Visiteur du futur. Créateur de cette dernière, François Descraques explique qu’il ne touche rien sur la diffusion, ayant conclu avec Nolife un simple échange de visibilité. « Je gagne un peu d’argent avec les produits dérivés, et j’espère bientôt éditer un DVD de la saison 1 », indique Descraques qui s’autoproduit et négocie actuellement un partenariat avec un diffuseur web pour sa saison 2 lancée depuis peu. Pas convaincu par les producteurs qui voulaient « vendre » son bébé à des diffuseurs ou annonceurs, le réalisateur n’imagine pas retourner sa série avec un cahier des charges plus contrôlé, budget accru ou non. Tout le contraire de l’équipe derrière les Aventuriers de 8 h 22, websérie diffusée un temps par feu CAP24, ex-chaîne locale de la TNT. « On avait mis en ligne un pilote en demandant aux internautes de voter pour qu’il y ait une suite, jusqu’à obtenir 10 épisodes », explique son créateur, Karim Alliane. La chaîne les diffuse tels quels dans un premier temps, mais Alliane et ses coscénaristes décident de retourner les épisodes « de manière plus structurée » avec l’argent récolté. Parmi les défis des diffuseurs frileux, on peut avancer la relative timidité des stars françaises à s’aventurer sur la Toile. Début novembre, aux Etats-Unis, l’oscarisée Meryl Streep annonçait sa participation à la websérie de l’ex-Friends Lisa Kudrow, baptisée Web Therapy. Tout un programme. Paru dans Libération du 15/11/2010
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