mardi 4 juillet 2006 11:52
Le blogueur de Puteaux contre-attaque
Longtemps harcelé par la municipalité, Christophe Grébert est pour une fois l’accusateur cet après-midi au tribunal.
par Ludovic Blecher
tags : blog , justice , citoyen
Christophe Grébert, 37 ans, directeur de publication monputeaux.com, passe à l’attaque. Pendant plusieurs années, le blogueur a tout accepté sans broncher: les humiliations publiques, les menaces sur son répondeur, les insultes homophobes, l’interdiction d’accéder à la tribune publique du conseil municipal... S’il dénonçait chaque fois sur son blog, ouvert en 2002, les mauvais coups de la mairie (UMP) de Puteaux dont il scrutait les errements sur son site, il avait pour habitude de ne pas porter plainte. «J’aurais pu poursuivre la mairie pour harcèlement mais je préférais déposer des mains courantes au commissariat plutôt que de lancer la machine judiciaire», raconte-t-il. Le recours à la justice, il le laissait au camp adverse qui multiplie les procédures à son encontre. Une seule a abouti, en février. La mairie poursuivait alors Christophe Grébert, pour avoir reproduit sur son site l’extrait d’un article du «Parisien» et pour le commentaire qui l’accompagnait. Grébert, journaliste de profession, avait obtenu la relaxe. Ce mardi après-midi, les rôles s’inversent. Le blogueur passe dans le rôle des accusateurs; Charles et Joëlle Ceccaldi-Raynaud, l’ancien et l’actuelle maire de Puteaux, deviennent les accusés. Un changement de stratégie décidé quand la maire a selon lui «dépassé les bornes». C’était en mai 2004. Le jeune homme se fait alors interpeller en pleine rue par la police municipale. «Il a fallu que le maire trouve après coup un motif, se souvient Christophe Grébert. Il m’a d’abord reproché de photographier des fleurs dans le parc municipal. Par la suite, il a expliqué dans un courrier publié sur le site de la mairie que j’avais été interpellé pour contrôler le contenu de mon appareil photo car j’avais, selon lui, l’habitude de photographier des enfants et de les approcher sans autorisation des parents». Face à une telle accusation Christophe Grébert ne s’est pas contenté d’une main courante. De l’audience mardi, il attend des excuses et espère sans illusion que «cette confrontation publique» permettra de comprendre pourquoi une «telle calomnie vise un simple citoyen tout cela parce qu’il revendique la liberté d’expression et le droit de contrôler (sur son blog) ce que font ces élus». A lire également sur Ecrans :
- Le blogueur de Puteaux gagne en justice (26/04/2007)
- Puteaux contre monputeaux.com, le match se poursuit au tribunal (02/02/2006)
Partager cet article
Partager Tweet
Actualit
Lib.fr
- Cravate, corbillard, camembert, ces noms propres qui deviennent communs
- La Cité de radieuse de Marseille meurtrie par l'incendie
- Total a enregistré un bénéfice record de 12,3 milliards en 2011
- «Le référendum est un outil très risqué»
- Ouganda: abandon de la peine de mort dans la proposition de loi anti-homosexualité



