jeudi 6 décembre 2007 10:51
Le catch up TV, télé pour ratés
Les chaînes proposent de retrouver leurs programmes à la carte.
par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos
tags : série , documentaire , VOD , catch-up tv
« Les Aventures culinaires de Sarah Wiener », un des must d’Arte+7 - DR
C’est une drôle de sauce qui dégouline en ce moment sur les chaînes : la « catch up TV ». Aujourd’hui, Canal+ s’y colle avec la mise en ligne d’une version test (lancement public fin janvier) de « Canal + à la demande », un site web proposant aux abonnés les programmes diffusés dans le mois sur la chaîne. C’est là la définition de la catch up TV : de la télé de rattrapage. Vous avez raté la dernière diffusion d’Opération turquoise, hier sur Canal + ? Pas grave : le téléfilm est disponible à la carte sur la catch up TV de Canal +. Et toutes s’y mettent : Arte depuis octobre, TF1 depuis 2006, France Télévisions se lance fin janvier et M6 mouline. Sur le site web Arte + 7, on peut regarder à volonté tous les programmes pendant sept jours après leur diffusion. Enfin pas tous, explique Jean Rozat, directeur général : « En 2008, on devrait en être à la moitié, à l’exception du cinéma, trop lourd. » Ce sera aussi le grand absent de la catch up TV de Canal + : pour l’instant, pas de cinéma français. « Nous n’avons pas encore trouvé d’accord, indique Rodolphe Belmer, directeur général de Canal +. Les négos sont compliquées, mais on a bon espoir. » Canal + estime que la catch up TV, réservée à ses abonnés, n’est qu’une diffusion de plus par rapport à celles de ses antennes. En face, les organisations du cinéma jugent qu’il s’agit d’une nouvelle commercialisation qui doit donner lieu à une rémunération supplémentaire. En revanche, il y aura des films américains, une telle diffusion étant prévue dans les contrats. Pour les programmes autres que le cinéma, des accords sont conclus avec les producteurs. Par exemple, sur Arte, souligne Jean Rozat, « quand on investit environ 100 000 euros dans un documentaire, les droits de diffusion sur Arte + 7 s’élèvent à moins de 1 000 euros ». Pas lourd. Alors que les catch up d’Arte et de Canal + se consomment exclusivement via l’Internet, donc sur l’ordinateur, France Télévisions mise sur le bon vieux petit écran. Le résultat d’une étude sur la façon dont la VoD (vidéo à la demande) est consommée : 20 % sur Internet et 80 % sur la télé. France Télévisions a donc signé avec Orange, qui proposera début 2008 « Rewind TV » à ses abonnés à la télé par ADSL. Ces chanceux auront droit - hors ciné, infos et sport - aux émissions diffusées entre 18 heures et minuit. A TF1, on est plus parcimonieux : « On est dans une logique de vidéoclub à domicile, on ne donne que le premium », définit Pascal Lechevallier, directeur de TF1 Vision. Les fictions de la Une, ses séries américaines, mais pas le tout venant style Cauet. Et payant : 2,99 euros pour voir la fiction sur l’affaire Humbert. Pourquoi payer alors que c’était gratuit sur TF1 ? « Parce que vous avez raté la diffusion », assène Lechevallier. Mais la catch up TV n’est pas qu’un moyen de gagner plus en faisant regarder plus, c’est surtout une question de survie alors que les téléspectateurs, attirés par la TNT, se carapatent en masse des grandes chaînes. « Tous ces téléspectateurs qui nous échappent, on veut les récupérer », explique Camille Pascal, secrétaire général de France Télévisions. Même refrain chez Canal +, où s’il s’agit, indique Belmer, « de limiter le taux de résiliation des abonnements, souvent lié à une frustration d’avoir raté un film ».
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