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lundi 7 janvier 2008 12:27

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Le cinéma d’en bas en danger

Le transfert des crédits du ministère vers le CNC menace les petites structures.

par Didier Péron

tag : économie

Au Meliès, à Montreuil, en novembre. Photo Gilles Coulon, Tendance Floue

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«C’est une question de vie ou de mort»

Quatre représentants du milieu associatif dénoncent la baisse du montant des aides.

Depuis des semaines, la panique monte dans les rangs des associations de cinéma, après l’annonce par le ministère de la Culture et le Centre national de la cinématographie (CNC) d’une importante baisse (dont l’ampleur n’est pas encore précisée) des crédits déconcentrés en Drac (Directions régionales des affaires culturelles). Les nombreuses actions décentralisées (festivals, programmation de salles de proximité, actions éducatives…) dépendent des subventions de l’Etat distribuées par les Drac. Or, le ministère entend réorienter les budgets et confier le bon soin des animations culturelles liées au cinéma au seul CNC.

Le CNC bénéficie d’une augmentation de ses subsides, suite à la loi de mars 2007 sur la « télévision du futur ». Le ministère estime donc qu’il peut sans trop d’états d’âme se retirer doucement du jeu. Le CNC devra, au terme de négociations, épauler certains festivals jusqu’ici aidés par subventions publiques, mais le tri sera forcément violent.

Alertés par les rumeurs de baisse des budgets, les professionnels du spectacle vivant (musique, théâtre, danse…) ont donné de la voix et obtenu de la ministre Christine Albanel un gel de la situation, via une rallonge de 34,8 millions d’euros en 2008 pour « apaiser les inquiétudes ». Des entretiens ce mois-ci rue de Valois avec les professionnels du secteur et les grandes associations représentant les collectivités territoriales sont censés calmer les esprits.

Au lieu de rassurer le milieu du cinéma, ce sauvetage du spectacle vivant est désormais perçu comme la volonté de la part du ministère d’extirper le cinéma de ses prérogatives.

Les annonces de ces baisses de subventions interviennent dans un climat de crise latente du secteur qui est, depuis un an, confronté aux enjeux du basculement vers le numérique, conversion économiquement lourde et qui devrait laisser sur le carreau bon nombre de petites salles qui ne pourront pas s’équiper. La charge judiciaire d’UGC et MK2 contre des cinémas subventionnés par des municipalités (notamment le Méliès de Montreuil, attaqué pour « abus de position dominante ») a relancé le sentiment désagréable d’une logique d’écrasement des petits par les gros (Libération du 25 septembre 2007).

Ce scénario est contesté par des cinémas indépendants d’art et essai (Utopia à Bordeaux et Toulouse, Diagonal à Montpellier…), non subventionnés par les municipalités et regroupés sous le sigle ISF (Indépendants, Solidaires et Fédérés). Dans un communiqué, ils entendent décrire une situation plus complexe que ne l’auraient présentée les médias et en appellent à un « Grenelle de l’exploitation », qui « fixerait enfin les droits et devoirs respectifs, chacun jouant cartes sur table et chiffres au clair ».

Les nombreux signataires de la pétition contre la baisse des subventions, quant à eux, se donnent rendez-vous vendredi, au cinéma Saint-André-des-Arts (Paris VIe), pour un « rassemblement national des acteurs de la diffusion culturelle et de l’éducation artistique ».

Sur le même sujet :
- « Aboutir à un cinéma à deux vitesses », interview de Stéphane Goudet, directeur du Méliès (25/09/2007)
- UGC, un appétit décomplexé (25/09/2007)
- Les réalisateurs soutiennent le projet de Montreuil (25/09/2007)


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