lundi 27 avril 2009 14:50
Le géant Microsoft a la tête dans les nuages
Microsoft explore le «cloud computing», gigantesque mise en réseau des PC, télés et consoles.
par Christophe Alix
tags : Microsoft , cloud computing
C’est la nouvelle frontière des géants des nouvelles technologies, et Microsoft, aujourd’hui en retard sur Internet, entend bien y jouer un rôle de premier plan. Le cloud computing, littéralement l’informatique dans les nuages, est le dernier concept en vogue dans le monde de la high-tech et représente un marché qui, selon le cabinet Gartner, pourrait atteindre jusqu’à 150 milliards de dollars (113 milliards d’euros). De quoi s’agit-il ? Généralement traduit en français par «informatique virtuelle», le cloud computing entend tirer parti des progrès réalisés ces dernières années dans la gestion du réseau(effondrement du coût de la bande passante et du stockage des données, accroissement des débits et développement d’une «connectivité» généralisée) afin de multiplier les services à distance. Avec ce concept, l’ensemble des ordinateurs connectés en réseaux, mais aussi leurs logiciels et terminaux associés (mobiles, téléviseurs, consoles de jeux, etc.) sont réunis en une seule configuration virtuelle. Principal avantage, les serveurs d’entreprises, qui ne sont utilisés qu’à 10 % de leurs capacités en moyenne, vont pouvoir être mutualisés, ce qui devrait générer d’importantes économies. Chez Microsoft, le nombre des serveurs virtuels croit au rythme de 10 000 nouveaux chaque mois afin de se préparer à l’explosion de ce marché. D’autres, comme Hewlett-Packard, IBM et bien sûr Google (qui, à côté de son activité principale de recherche propose une gamme croissante de services en ligne), investissent également des milliards en infrastructures dans d’immenses centres de données éparpillés à travers le monde. D’après Marc Benioff, le PDG du pionnier américain Salesforce, le cloud computing signera la mort du logiciel traditionnel et sa commercialisation à l’unité. Ce n’est pas l’avis de Microsoft qui, soucieux de protéger ses revenus, parie sur un modèle mixte de logiciels sur les PC et de services à distance. Dans la foulée des Google Apps (l’offre de logiciels pour entreprises de Google) la firme de Redmond vient de lancer Microsoft Online Services, un bouquet d’applications à distance par abonnement, et mis au point un système d’exploitation virtuel baptisé Azure. Une version gratuite de la suite Office, financée par la pub, devrait voir le jour en ligne en 2010. Malgré une offre croissante, les entreprises, soucieuses de protéger leurs données, ne se convertissent que très lentement au cloud computing. Elles ne sont que 700 outre-Atlantique à s’être abonnées au nouveau nuage de Microsoft. Paru dans Libération du 25 avril 2009
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