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mardi 22 mars 2011 10:11

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Le goulag raconté en ligne

par Virginie Malbos

tags : exposition , histoire

DR

"Grâce à Staline, j’ai visité l’URSS !". Ce pourrait être un slogan pensé par un maître es propagande. Il n’en est rien. Ces mots sont ceux d’Antanas Seikalis, un Lituanien qui témoigne sur la toile de ses années passées au goulag. Pour ce faire, pas de blog ou de chaîne YouTube, mais un musée virtuel : Archives sonores - mémoires européennes du goulag, créé par le Centre d’études des mondes russes, caucasien et centre-européen et RFI. Le site, disponible depuis une dizaine de jours, regroupe les témoignages de plus de 150 prisonniers. A travers des photos, des vidéos et des extraits d’interviews, ils racontent leur goulag.

Comme dans tout musée, des visites guidées sont proposées. Elles sont pour l’instant au nombre de deux : Devenir soviétique, et Une enfance en déportation. Mais un parcours plus aléatoire est aussi possible, en optant pour une visite thématique.

« Enfances au goulag », « Le travail en déportation », « La forêt », « Coexistences entre nationalités au goulag », « La faim »... Les angles pour aborder le sujet sont aussi nombreux que les témoignages, où les détails presque anodins côtoient les faits historiques. Le visiteur met alors des visages sur ce million d’Européens déportés pendant et après la Seconde guerre mondiale. Entre photos de famille et anecdotes, le goulag se dessine.

Et la visite est loin d’être terminée. Les données collectées permettent également de proposer deux autres approches : cartographique et chronologique. Grâce à une carte interactive, il est possible de s’attarder sur le parcours de certains témoins, selon leur lieu de départ, de déportation ou de résidence actuelle. Mais aussi de sélectionner, par le biais d’une frise chronologique, des témoignages relatifs à une période précise, comme ceux concernant la mort de Staline.

Mis à jour régulièrement, ce musée virtuel devrait bientôt s’enrichir de nouveaux témoignages et documents apportés par les Internautes. Après le Musée de la résistance en ligne ouvert il y a deux mois, Internet ne se contente plus de commenter le présent, et joue de ses pages comme de celles d’un livre d’Histoire.


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