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lundi 19 juillet 2010 08:47

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Le livre numérique, MOTif d’études

par Frédérique Roussel

tag : livre numérique

CC BY SA - Dion Hinchcliffe

Dans le sillage de l’étude EbookZ d’octobre 2009, la première sur le piratage de livres en France, le MOTif - Observatoire du livre et de l’écrit en Ile-de-France - lance officiellement en septembre un observatoire de l’offre numérique légale et illégale. « Le numérique devient un marché à part entière, estime Vincent Monadé, son directeur. S’il ne pèse pas encore grand-chose, il faut se doter d’outils de mesure. »

La sortie en cascade des « liseuses » — l’iPad en dernier lieu et le Kindle « français » promu par Amazon dans les bacs d’ici à la fin de l’année — vont sans doute convertir de plus en plus de lecteurs. Ainsi sur l’AppStore (la boutique en ligne d’Apple) aux Etats-Unis, le livre connaît la plus forte croissance au premier trimestre 2010. Les ventes locales de livres numériques ont progressé en avril et mai quand le papier a connu un léger déclin, selon les derniers chiffres de l’association des éditeurs américains. Les ventes numériques ont augmenté de 162,8% en mai, soit une progression de 207,4% depuis janvier.

En avant-goût de l’ouverture de l’observatoire, qui promet pour les mois à venir une étude sur la population pirate et une autre sur les livres les plus recherchés, le MOTif publie un panorama de l’offre (1). Il a recensé 31 plate-formes françaises de distribution de titres (Numilog, Dialogues, Eden-Livres, Apple, Iznéo, Relay.com, etc.), à quoi il faudra bientôt ajouter Google Editions, librairie virtuelle du moteur américain. Si de nombreux acteurs se sont lancés ces dernières années, « le marché est encore en phase de structuration, et la plupart des participants conservent une approche attentiste et comparative dans leur positionnement ».

Le catalogue reste faible, puisque, tous éditeurs confondus, il ne représenterait que 10% de l’offre disponible en vente papier, soit 60 000 à 70 000 titres. Mais l’édition a mis en branle ses scanners et numérise ses fonds.

Sur les plateformes actuelles, le modèle économique dominant est le paiement à l’acte dans 90% des cas. L’abonnement, traditionnel en presse, reste marginal sauf pour Cyberlibris Famili et Publie.net. Quant à la location, elle est cantonnée à la bande dessinée.

Que trouve-t-on dans ces rayons virtuels ? De mai à juin 2010, le MOTif a regardé la disponibilité d’un échantillon de 150 best-sellers représentatifs dans toutes les catégories (le Symbole perdu, de Dan Brown, Twilight, de Stephenie Meyer ou Je ne sais pas maigrir, de Pierre Dukan...), qu’il a ensuite comparée avec leur disponibilité en téléchargement illégal. Seulement un titre sur cinq, hors BD, existe en ligne.

Et c’est l’offre illégale la plus « généreuse », sauf pour les romans. De quoi inciter à numériser plus vite les catalogues. Dernier indicateur : le prix moyen des livres est de 12,54 euros, contre 15,31 pour la version papier, soit 18% de différence.

(1) Réalisée par Mathias Daval (Edyesseus Consulting) et Rémi Douine (The Metrics Factory), tableau de bord N°1, juillet 2010.

Paru dans Libération du 17/07/2010


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