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mardi 7 février 2012 15:28

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Le manuel du parfait petit cyberactiviste

par Erwan Cario

tags : mode d’emploi , DDoS , Anonymous

Photo Pierre-Selim, CC BY

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Anonymous, attaques en masques

Après des débuts potaches, le mouvement s’est politisé et radicalisé en défendant WikiLeaks, puis en protestant contre la fermeture du site MegaUpload.

« Leur démarche est une sorte d’altermondialisme numérique »

Entretien avec Frédéric Bardeau, coauteur du livre qui décrypte dans le détail le fonctionnement et les évolutions de ces activistes d’un nouveau genre.

Il n’y a pas de carte de membre, pas de local associatif, pas de brochure explicative qui détaille les démarches à effectuer. Pas de cotisation, non plus. Alors, acheter un masque de Guy Fawkes suffit-il à faire partie d’Anonymous ? Ce n’est pas si simple, mais ce n’est pas forcément beaucoup plus compliqué.

« De l’intérieur, on agit comme un Anonymous pour le devenir, expliquent Frédéric Bardeau et Nicolas Danet dans leur livre Anonymous. De l’extérieur, on peut voir des personnes se revendiquer Anonymous, et il sera toujours difficile de savoir ce qu’il en est vraiment, sauf à regarder les effets réellement produits. » Car c’est l’action qui importe, avant les idées ou les paroles.

Et pour agir, autant commencer par discuter. Il faut pour cela passer par IRC, le premier système de communication instantanée d’Internet. Il suffit d’installer un petit programme (l’extension Chatzilla sur le navigateur Firefox, ou mIRC, par exemple), de se rendre à l’adresse irc.anonops.li et de choisir le canal #francophone. Evidemment, il est aussi utile, ne serait-ce que pour éviter d’être totalement largué, de suivre les différents flux d’information estampillés Anonymous, comme les comptes Twitter @AnonOps, @AnonymousIRC et @anonymous__fr (en français), la page Facebook Anonymous France ou le blog AnonOps.blogspot.com.

Ensuite, il ne tient qu’à l’aspirant anonyme de se joindre à des actions collectivement lancées, que ce soit un appel à manifester ou la réalisation d’une de ces célèbres vidéos à la voix synthétique qui finit invariablement par : « Nous sommes légion. Nous ne pardonnons pas. Nous n’oublions pas. Redoutez-nous. »

Mais le type d’action le plus médiatique reste le déni de service distribué, le Ddos. Pour participer, Anonymous utilise les logiciels Loic et Hoic, téléchargeables gratuitement. Ces programmes permettent de lancer des requêtes à répétition vers un site web pour le rendre inaccessible.

 

 

Il suffit à l’internaute volontaire d’activer l’option hive mind (« esprit de ruche »), qui va autoriser son ordinateur à aller chercher les ordres d’attaque sur un canal IRC tenu par certains Anonymous en charge de ces opérations. Attention : même si les Ddos peuvent être considérés comme des sit-in virtuels et pacifiques, ils ont tendance à crisper quelque peu les autorités en ce moment.

 

Paru dans Libération du 6 février 2012


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