jeudi 30 novembre 2006 16:29
Le net à poils
par Miss Gloss (recueilli par Stéphanie Estournet)
tag : Le maraboudficelle de Miss Gloss
De Rabbittown à la vallée des Poils, il n’y a qu’un cheveu, et nous progressons aujourd’hui parmi ces buissons communs, ces mignons arbustes, ces véritables arbres de poils qui bordent autant notre Internet que nos expressions de tous les jours – poil de carotte, avoir un poil dans la main, prendre du poil de la bête, etc. Dans nos oreilles, pas de broussaille pileuse, mais un extrait du Poil, de Java. La vallée des Poils s’ouvre sur des haies communes d’interrogations vitales sur les moyens d’épilation (enfin, messieurs, cessez de ricaner, vous savez, désormais, que cela vous concerne) sur quoi on déboule dans un champ en friche de thématiques porteuses (comme les mères mais en plus marketing) du type « le poil vous fait-il monter l’envie ? » ou « y a-t-il un orgasme après le poil ? ». Je vous passe les remarques adolescentes et assimilées (« oui ou non dois-je céder quand il me demande de me raser » ou « je déteste quand ils ont des poils dans le dos sauf au moment de l’orgasme où ça me fait… »). Bouh, beurk, beurk, tournons la tête avant de nous enliser dans le vulgaire, et là – oh joie – du glamour : saviez-vous qu’une petite pincée des poils – bruns – de sous la culotte (ou estimés tels) de la sacro-sainte Paris Hilton avaient été mis en vente sur eBay en 2004 ? J’ai regretté d’être passée à côté à l’époque – même si l’enchère avait finalement été annulée. Bifurquant d’un poil, nous retrouvons un chemin balisé quoi que graveleux sur lequel a jadis pesé une terrible menace. Sur un banc, toute velue, une sorte de version féminine et sorcière du réalisateur Peter Jackson, assise sur un ballon de foot, explique d’une voix chevrotante : « C’est les Bleus, qui nous ont sauvés, ma petite dame. Z’imaginez pas le désastre que ça aurait été. Thierry Roland à poil pour un tour de la place de la Concorde. Le pays s’en serait jamais remis. » Et à ce souvenir, la voici qui tremblote, le regard désormais perdu dans une lointaine vision d’horreur. Il y a forcément des moments difficiles dans ce genre de périple et déjà je sens que vous m’en voulez de vous avoir menés dans ces contrées hostiles. Pour me rattraper, laissez-moi ouvrir l’enclos des surprises avec ce gadget de Noël que vous partagerez avec votre moitié et/ou votre miroir. Il s’agit d’une « color for the hair down there » avec laquelle vous devenez un(e) vrai(e) blond(e). Ou alors, les filles, si, comme moi, vous avez (encore) des crises Sex Pistols, changez votre tranquillou minou en fauve punk arrogant – j’adore l’idée d’un pussy rose années 80, feulant tout son soul. Notre balade dans la vallée des Poils se termine sagement par une visite à l’Association du don de poil(s) où, tels des Scully-Mulder en mission anti-follicule pileux, nous traquons le poil, cet ennemi invisible et mutant. Nous y apprenons les étapes possibles de son recyclage – une information qui, en ces temps verdissants, tombe pile-poil.
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