vendredi 3 avril 2009 17:28
Le pape Miyamoto, père de Mario et Zelda
par Olivier Séguret
Prince des développeurs, père de Mario, Donkey Kong et Zelda, du nom des héros exclusifs au grand studio, inlassable inventeur de formes et de technologies, Shigeru Miyamoto, 56 ans, est l’âme incontestée de l’enseigne Nintendo, où il a été embauché en 1977 en tant que directeur artistique. Outre le game design et la production de jeux parmi les plus célèbres (et les meilleurs) proposés par cette industrie, Miyamoto est aussi le pilote stratégique du grand studio nippon, en même temps que le concepteur direct des consoles que Nintendo fabrique, dont il a supervisé les trois dernières générations. On peut donc lui attribuer la paternité de concepts aussi subtils et déroutants que Wii Fit ou Wii Music et de jeux aussi étourdissants que Mario Galaxy. Il est aussi, au sens fort, l’auteur de titres qui ont donné, par leur hardiesse et leur profondeur, une nouvelle maturité au jeu vidéo, tout particulièrement dans sa mondialement populaire saga Zelda (avec les épisodes Ocarina of Time ou Majora’s Mask, notamment). Surtout, Miyamoto est un authentique père fondateur, auquel on doit des trouvailles (l’invention de la grotte ou du donjon, par exemple) qui sont devenues partie prenante de la syntaxe et de la grammaire communes à la culture du jeu. Père de famille, ex-rockeur, emblématique des jeunes générations de l’après-guerre japonais nourries au manga comme à Walt Disney, Shigeru Miyamoto n’apparaît que rarement en public. Ses interventions professionnelles sont toujours soupesées comme des discours d’oracle. Pourtant, les déclarations de ce génie discret sont souvent modestes et frappées au coin du bon sens : pas de grande philosophie comme son compatriote Hideo Kojima (auteur de la série Metal Gear Solid), mais un souci prosaïque du public, de ses attentes et de ses goûts. Pratiquement considéré comme un «trésor national» dans son pays où il jouit d’une notoriété de rockstar, c’est aussi le développeur le plus respecté par ses pairs autour du globe – il a gagné toutes les récompenses. Et le plus honoré : la France l’a notamment décoré d’une médaille de chevalier des Arts et des Lettres en 2006. En 2008, les lecteurs de l’hebdo américain Time l’ont placé numéro 1 des cent personnalités mondiales ayant le plus d’influence. A lire aussi :
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