Le porno contre les pirates
L’industrie pornographique américaine s’est réunie la semaine dernière pour discuter des moyens de lutte contre le téléchargement et la contrefaçon.
tags : sexe , vidéo , téléchargement , piratage , économie
Affiche du film pornographie « Pirates », édité par Adam & Eve. DR
Le piratage de films ne touche pas que les blockbusters d’Hollywood : aux Etats-Unis, l’industrie des films pornographiques commence elle-aussi à vraiment s’en plaindre. La semaine dernière, le porno a tenu table ronde en Californie, réunissant 65 professionnels pour discuter du phénomène du piratage, que ce soit sur le net ou par la contrefaçon de DVD. Selon des chiffres annoncés durant la table ronde, le piratage correspondrait à une perte de 2 milliards de dollars par an pour l’industrie, qui générerait un chiffre d’affaires mondial annuel estimé à environ 50 milliards de dollars. Et la situation ne devrait pas s’améliorer : « D’ici cinq ans, tous nos clients potentiels sauront comment télécharger gratuitement nos produits », assure Megan Stokes, vice-présidente de Shane’s World, un éditeur de DVD pour adultes. L’industrie pornographique a tout de même quelques solutions en tête. Certaines idées sont avant tout répressives, comme la possibilité évoquée de modifier le DMCA (Digital Millenium Copyright Act, la loi américaine traitant des problèmes de droits numériques). Ou encore l’idée de créer une association à but non lucratif, dont l’objectif principal serait d’attaquer les entreprises vendant des produits contrefaits ou distribuant des vidéos piratées sur le net. Une structure du genre, l’AICO (Organisation pour les droits d’auteurs de l’industrie pornographique) existe déjà en Australie, mais le modèle rappelle surtout la MPAA (Motion Picture Association of America, qui défend les droits des majors du cinéma), très active sur le front du copyright aux Etats-Unis. D’autres idées, plus orientées vers les consommateurs, sont également dans l’air. La solution de vendre les produits avec des objets réels (T-shirts et autres), pour décourager le piratage, a par exemple été évoquée. Tout comme la possibilité de créer un système d’achat de vidéos à bas prix sur le net, proche du format inventé par Itunes pour la musique et les vidéos. Et, a priori, sans DRM (Digital Rights Management, des verrous numériques) : « Y a-t-il vraiment des solutions dans lesquelles nous pouvons investir ? L’idée qu’on puisse utiliser des verrous numériques ou toute solution technique m’inquiète, car ça ne marchera jamais », a ainsi expliqué Wit Maverick, de l’éditeur Adam & Eve.
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