mardi 15 janvier 2008 11:16
Le primaire à la page digitale en 2010
Le gouvernement se donne trois ans pour équiper les écoles en nouvelles technologies.
par Véronique Soulé
tag : éducation
Une «classe mobile» stocke les ordinateurs portables des élèves d’une école d’Elancourt - Photo Sébastien Erome
Comparée aux collèges et aux lycées, l’école primaire est le parent pauvre en matière de nouvelles technologies. Le ministère de l’Education nationale a décidé un vaste effort dans trois directions: l’apprentissage de l’anglais, l’équipement des classes, jusqu’ici très hétérogène, et enfin la formation des enseignants. A partir de ce mois-ci, une vingtaine de sites pilotes vont tester les cours de langue par visioconférence. L’objectif est d’avoir 1000 écoles équipées à la rentrée 2008, et l’ensemble d’ici 2010. Les établissements auront le choix entre un système mettant en relation les élèves avec un professeur anglais, comme à Elancourt, ou avec une classe jumelée. Les échanges réels d’élèves sont devenus quasi impossibles: les écoles anglaises sont surchargées, il faut trois ans d’attente en moyenne. «Il s’agit de passer de la connaissance classique de la grammaire et du vocabulaire à la connaissance pratique, en désinhibant l’élève», explique-t-on au ministère. Début avril, un appel à projet va en outre être lancé pour équiper les écoles en tableaux numériques interactifs (TNI) et en «classes mobiles», ces armoires à roulettes contenant les ordinateurs portables des élèves, chaque établissement devant en posséder une en 2010. «Les élèves sont prêts et même demandeurs, souligne-t-on au ministère. C’est en primaire que l’on observe le plus grand décalage avec le quotidien des enfants. Il faut être cohérent avec l’environnement d’aujourd’hui.»
La formation va être renforcée. D’ores et déjà un module d’informatique figure au programme des IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres). A la fin de l’année, tous les sortants vont recevoir une clé USB avec des contenus correspondant à leur discipline. Le ministère a acquis pour deux ans les droits à ces ressources que les enseignants pirataient largement jusqu’ici. Au programme également, le développement des ENT (Environnement numérique de travail), des portails d’accès personnalisés au réseau informatique des écoles, donnant accès à diverses ressources, selon le profil de l’utilisateur. Ils permettent notamment la mise en relation des parents et des professeurs. Le système existe déjà mais son usage est souvent limité à des informations internes. Ce qui n’empêche pas de nombreux enseignants d’apprécier la possibilité de mettre en commun leurs cours, une mutualisation à laquelle la profession n’est guère habituée. A la rentrée, on devrait aussi tester dans 50 classes de 6e les premiers e-book, ces terminaux portables sur lesquels on peut charger des centaines de livres numérisés. Enfin, le ministère prépare un vaste programme pour les élèves handicapés, qui doivent désormais être accueillis dans les écoles. Une base de données à usage scolaire va notamment être traduite en langue des signes et en braille.
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