vendredi 22 octobre 2010 09:39
Le prince Harry flingué par Channel 4
tags : Royaume-Uni , docu-fiction
Photo Channel 4.
De notre correspondante à Londres
Franchement, le prince Harry, 26 ans et troisième dans la lignée d’accession au trône, n’a pas de chance. Déjà, la presse populaire lui a collé l’image — pas tout à fait usurpée — d’un gros fêtard, écumant les bars et boîtes de nuit de la capitale et parfois même déguisé en officier nazi pour un bal costumé. Ensuite, alors que le prince s’était trouvé une vocation dans l’armée et était parti incognito combattre en Afghanistan, la presse, encore elle, en révélant son séjour de dix semaines en 2008, avait coupé court à ses espoirs de servir dans les forces actives de combat. Plus récemment, les tabloïds ont rapporté la fin de sa longue relation avec Chelsy Davy, sa blonde petite amie sud-africaine. Et, pour couronner le tout, voilà que la télé publique Channel 4 diffuse ce soir un docu-fiction, The Taking of Prince Harry, relatant son (faux) enlèvement par les talibans en Afghanistan et imaginant notamment une scène le montrant soumis à une fausse exécution. Le palais de Clarence House, où réside le prince, se contente d’un commentaire digne et retenu. « Spéculer sur la sécurité du prince Harry, que ce soit en tant que membre actif de nos forces armées ou membre très important de la famille royale, n’est guère utile », explique à Libération une porte-parole. En revanche, la moutarde est montée au nez du chef d’état-major des armées. Le maréchal de la Royal Air Force sir Jock Stirrup a ainsi écrit une lettre au président de Channel 4, lui demandant fermement d’annuler la diffusion, qui risquerait « d’endommager le moral des troupes ». Channel 4 a opposé une fin de non-recevoir à l’indignation du maréchal. Selon Channel 4, le film de quatre-vingt-dix minutes « représente un travail journalistique sérieux. Il est légitime de chercher à comprendre la nature réelle des dangers qu’affronterait un membre de la famille royale sur un front de guerre, de même que les implications politiques d’un enlèvement de cette ampleur ». Pas de chance, on vous dit. Paru dans Libération du 21 octobre 2010
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