Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Je rejette le terme “piratage”. Ce sont des gens qui écoutent de la musique et la partagent avec d’autres personnes.

Steve Albini, pilier du rock indépendant américain depuis 1982

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

mercredi 9 mai 2007 08:00

  • cinéma

Le règne Araignée

Retour sur les records mirobolants de Spider-Man 3.

par Olivier Séguret

tags : geek , culte , économie , consommation

DR

Nul ne peut plus ignorer que Spider-Man 3 est sorti sur les écrans du monde depuis huit jours (Ecrans 01/05/2007), même si, en France, l’importance de l’actualité politique a quelque peu masqué l’extraordinaire performance réalisée par le blockbuster sur tous les territoires du globe. Les Français, comme les autres, se sont pourtant rués en foules compactes pour voir le film de Sam Raimi, qui ne cesse de briser les uns après les autres tous les records de recettes et de fréquentation. Pour le magazine professionnel The Hollywood Reporter, le succès de Spider-Man 3 entraîne rien moins qu’une « redéfinition du mot "blockbuster" » . Selon Variety , l’autre média de référence pour l’industrie du cinéma, les records pulvérisés autour du globe par le film de Sam Raimi conduisent à « l’édification de nouveaux standards ».

En quoi consistent donc ces chiffres et records mirobolants que Spider-Man 3 fait retomber en pluie d’or sur les multiplexes de la planète en général et dans les caisses de Sony Pictures en particulier ? Aux Etats-Unis, pour commencer, le film est sorti dans 4 252 salles (record), a rapporté en moyenne 35 500 dollars par écran (record) et atteint le chiffre de 151 millions de recettes lors du premier week-end d’exploitation (record). Pour donner un ordre d’idée, si l’on compare ces résultats à ceux obtenus dans la même période l’an dernier par Mission impossible III , sorti le week-end du 1er mai 2006, on obtient une différence qui va du simple au triple.

A l’échelle mondiale, ce Spider-Man hors gabarit a été programmé sur 8 900 écrans (record), rapporté 171 millions de dollars en un seul jour (record) et décroché la médaille d’or de la fréquentation toutes catégories confondues dans 29 pays, dont le Canada, le Japon, la Chine, la Corée du Sud, l’Italie, le Mexique, le Brésil... En apparence plus anecdotique mais sans doute porteur d’avenir, un autre record a été dépassé aux Etats-Unis : celui des recettes obtenues dans les seules salles du pays équipées Imax. Pour leur plus grand profit, ces super-écrans du type Géode ont accueilli en masse le blockbuster, laissant augurer d’un filon porteur à la veille d’un été que l’on nous promet comme celui de toutes les performances.

Cas d’espèce apparemment unique dans les annales d’Hollywood : Sony-Columbia a dû réviser à la hausse ses estimations les plus optimistes. Ainsi, la major s’est fendue d’un communiqué expliquant qu’au lieu des 375 millions trop rapidement calculés, ce sont finalement 382 millions de dollars qui ont été mondialement encaissés (record) à la fin du premier week-end d’exploitation. Sept millions d’erreur en votre faveur... Une paille. « “Spider-Man 3” ne fait pas que réécrire le “Guinness Book”, il oblige Sony à réécrire ses livres de comptes », résume ironiquement Variety .

On sait à quel point les spécialistes américains du box-office ont l’habitude de voir les records se périmer, et combien ils aiment inventer, à chaque cime atteinte, une prose superlative de circonstance : dès qu’un blockbuster dessine un nouveau sommet, l’industrie américaine s’empresse d’y planter son petit drapeau repère, en attendant de voir le business, un beau jour, monter encore plus haut... « The sky is the limit », comme l’a toujours si justement dit le dicton hollywoodien.

Mais cette fois, c’est comme s’il s’agissait d’un redimensionnement, d’un changement d’échelle, d’une rupture avec les modèles ayant prévalu jusqu’ici et qui ne suffisent plus pour appréhender un phénomène qu’un seul chiffre, finalement, résume mieux que les autres, même s’il est aussi le plus terrifiant : la semaine dernière, 80 % des habitants de la planète qui se sont rendus au cinéma sont allés voir Spider-Man 3 ...

A lire également sur Ecrans.fr :
- Spider-Man, noirs desseins (01/05/2007)
- Le blog de Spider-Man 3 (27/02/2007)
- 7 minutes de Spider-Man 3 (06/03/2007)
- Zoom : Spider-Man dans « The Power of Dr. Octopus » (26/04/2007)


Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

geek - Au comptoir des geeks

culte - Une nuit geek, sexy et super-turque

économie - [Vidéo] Ecrans.fr, le podcast citoyen

consommation - Un petit écran protecteur pour les consommateurs

article précédent
Zoom : Conversation palpable dans « Not so Small Talk »
article suivant
« On a du mal à réaliser qu’autant de gens jouent à World of Warcraft »

  • Le règne Araignée

    9 mai 2007 21:05, par Pooloxanosasdai
    Mais quelles sont les chiffres de fréquentations, on en a rien à faire des dollard, combien de personne ont été voir le film... On en a marre du dieu-dollar des étasuniens, l’Homme avant tout...
    • Le règne Araignée 10 mai 2007 11:18, par ex-max

      « Mais quelles sont les chiffres de fréquentations, on en a rien à faire des dollard, combien de personne ont été voir le film... On en a marre du dieu-dollar des étasuniens, l’Homme avant tout... »

      Le chiffrage en dollar est identique à celui du nombre de visiteurs payants, l’indice de masse grasse pour les régimes, la population de chaque pays, le nombre de voix reçues par un parti se présentant aux votes de ses concitoyens, un chiffre statistique d’évaluation arithmétique d’une oeuvre, d’un objet...c’est un indice de satisfaction, réel ou induit, qui cependant emmilliardit de braves peoples qui se disent de gauche. Dieu seul et eux mêmes, cyniques professionnels qu’ils sont sachant pourquoi. :)

  • Le règne Araignée

    9 mai 2007 15:10, par A
    80 % des spectateurs mondiaux c’est pas un peu exagéré quand on sait au combien le cinéma indien est protecteur ? Le seul chiffre que j’ai trouvé c’est qu’il était sortie avec 700 copies en Inde, ça me parait peu pour truster 80 % du marché avec une population trois plus de fois plus importante. quid du reste de l’asie, de l’affrique ou de l’amérique du sud ? Ces chiffres ressemblent surtout à un record de pipotage.
  • Le règne Araignée

    9 mai 2007 10:33, par Nico
    Pour quand on aura récupéré l’ordi...

 

Loading

Outils

  • imprimer
  • écrire à Olivier Séguret
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Lekiosque.fr se presse à l’étranger
  • Pierre Lescure, des intérêts en question
  • Angry Birds prend son envol social
  • Pas de « Silence on joue » cette semaine
  • Un coup de Moog

Lib.fr

  • 58% des Français font confiance à Hollande
  • Novatrans: l'Etat « doit taper du poing sur la table »
  • Riester: «Fillon ne doit pas évoquer ses ambitions pour le moment»
  • Le corps retrouvé dans la Loire est bien celui du mineur disparu
  • Des «irrégularités» au sein de la section PS de Liévin
publicité

Inutile donc inutile

img75
Un coup de Moog

Jouer du Daft Punk avec le doodle Moog de Google ? Yes he can.


Chronophage

Wake up the Box 4

On ne se contente plus d’assembler les pièces de bois à notre disposition pour construire une machine à réveiller la boîte. Il faut désormais les dessiner soi-même.


Ecouter / Voir

img75
Un clip dans ses petits papiers

« Østersøen » fera moins consensus sur son style musical que ses charmants décors en papier et carton.


Hum, bizarre...

img75
Dans le secret des lieux

L’un des gouvernements les plus zélés sur Google Earth est celui des Pays-Bas, qui a recouvert d’esthétiques polygones des centaines de sites stratégiques (palais royaux, dépôts de fuel, bases militaires...)


Vidéo box

img75
Meilleurs souvenirs du net

Marco Cadioli se livre à des dérives existentielles autour du globe avec Google Earth.


Vendredi, à poils !

img75
« Ce glandeur de phoque du Groenland n’a pas de boulot »




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008