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mercredi 24 juin 2009 17:28

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Le robot du guerrier

Avec le ramollissement estival, les blockbusters reviennent. Dans le genre, « Transformers 2 » accomplit sa mission à la lettre. Tout comme l’armée vampirique et zombiesque qui campe actuellement dans les salles.

par Olivier Séguret

tags : fantastique , robotique

DR

Transformers 2  : la revanche de Michael Bay avec Shia LaBeouf, Megan Fox, Josh Duhamel… 2 h 31.

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Robotique, rebelle ou romantique, à vous de choisir.

A rebours d’à peu près toute la critique mondiale, est-il possible de défendre quoi que ce soit dans Transformers 2  : la revanche  ? La proposition est de toute façon très relative  : à cette heure, peu de critiques du film, présenté au dernier moment à la presse, ont été publiées (et elles l’ont été pour l’essentiel dans les médias anglo-saxons). Mais ces critiques sont sévères et se rejoignent presque toutes sur cette hypocrite ingénuité qui consiste à reprocher à Transformers 2 son cynisme de blockbuster  : son scénario creux et décousu jusqu’à l’absurde et qui ne sert que de prétexte à une succession de scènes d’action, sa galerie de personnages à peine esquissés et sa retape presque indécente en direction du public enfant et ado masculin. Mais quel genre de vertu espère-t-on de Babylone  ?

Ce qu’on reproche surtout à cette Revanche, c’est d’accuser tous les traits, les pires et les meilleurs, du premier Transformers, réalisé par le même Michael Bay, qui était arrivé en tête du box-office mondial pour l’année 2007.

A tous égards, c’est en effet à une opération Monsieur Plus que s’est livré Michael Bay (avec la bénédiction de Steven Spielberg à la production, et l’aide de quelque 200 millions de dollars). Transformers 2 est d’abord – même si légèrement – plus sophistiqué que le 1, au risque d’être bien plus confus, ce qui n’est pas très grave si on n’attend pas de l’histoire une épopée raffinée. Il se veut aussi plus fun et léger, versant parfois dans la campus comedy, au risque de la lourdeur des gags. Il est aussi plus référencé, plus dynamique, plus pyrotechnique que son prédécesseur, au risque d’une plus grande vacuité personnelle. Il cherche également à se montrer sous un jour plus débraillé, presque rebelle (à l’échelle américaine s’entend  : par exemple, une scène montre la mère du héros jointée par inadvertance et certains dialogues sont nourris d’une profusion de « shit  ! » comme les ados américains ne peuvent plus en entendre à la télé, où tout écart est bipé).

Michael « let’s blow that shit » Bay sur le tournage de Transformers 2 - DR

L’évolution la plus nette du scénario, c’est son progrès géopolitique  : désormais, la guerre entre le genre humain et les robots de l’espace n’est plus un strict problème américain, et là où le premier Transformers s’avérait pathologiquement xénophobe, le second prend en compte, fut-ce modestement, la dimension du monde. Hélas, là encore, pas toujours pour le meilleur  : deux plans de trente secondes figurant Paris parviennent à concentrer au moins cinq clichés (l’escapade romantique, l’Arc de triomphe, une terrasse de café, un plat d’escargots et, pompon, un mime en marinière façon Marceau, comme il n’en existe plus dans nos rues depuis 1950). Ajoutons encore, au registre des plaintes, d’une part la durée éprouvante (deux heures trente et une, dont au bas mot quarante minutes inutiles – les dernières) et de l’autre l’usage goguenard, et à ce titre fort suspect, qui est fait du pistolet Taser, à se demander si l’arme n’a pas fait l’objet d’un contrat de product placement (placement publicitaire)…

Que reste-t-il, alors, de défendable, dans ce Transformers 2  ? Son tonitruant raffut métallique, peut-être. Sa perfection de produit industriel et canonique, sans doute. Deux plans magnifiques, au moins (la pulvérisation ample et lyrique d’une autoroute aérienne par un robot monocycle dans la scène d’introduction et, plus tard, la chute lente et opératique d’un porte-avions sombrant dans les abysses). Le grandiose incontestable de certaines créatures, notamment Devastator, qui fait pleuvoir les tanks qu’il a aspirés dans son maelström sur la pyramide de Kheops. Le duel presque western où le « bon » Transformer Optimus Prime affronte le « méchant » Decepticon Fallen. Certes, on plaint quelque fois les acteurs, même l’attachant Shia LaBeouf ou la très plastique Megan Fox, dont le statut est au fond celui de costars travaillant à la mise en valeur des robots de synthèse. Mais ces derniers ne sont-ils pas les vraies idoles  ?

Paru dans Libération du 24 juin 2009


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