samedi 13 septembre 2008 13:46
Les hackers à particules
par Astrid Girardeau
Page hackée de cmsmon.cern.ch - Source : Telegraph
Le Large Hadron Collider (LHC), le nouvel accélérateur à particules européen inauguré mercredi dernier au CERN sous la frontière franco-suisse, est à nouveau sous les feux de l’actualité. Surtout les responsables de la sécurité de son réseau informatique. Ce même mercredi, un groupe de hackers grecs aurait réussi à s’introduire dans ce réseau afin de montrer sa vulnérabilité, rapporte le Telegraph. Le groupe, qui se fait appeler GST ou Greek Security Team (Equipe de Sécurité Grecque), est passé par une page du site Internet du CERN — www.cmsmon.cern.ch — qui, depuis, a été fermée au public. Pour montrer leur passage, ils ont laissé une douzaine de fichiers, et laissé sur le site un message (en grec). Selon ITPro, ils y traitent les techniciens qui travaillent sur le projet d’« écoliers », et signent : « Nous sommes 2600 - Ne nous embêtez pas ! ». Ils indiquent également qu’ ils souhaitent par leur intrusion montrer les failles de sécurité, mais qu’ils n’ont pas l’intention de perturber les expériences en cours. Leur cible était le Compact Muon Solenoid (CMS), l’une des expériences (avec Atlas) de l’accélérateur à particules du CERN. L’action aurait eu lieu mardi et mercredi, alors que la machine était prête à faire circuler ses premières particules, avant d’être repérée par des membres du CERN. « Il semble qu’il n’y ait pas eu de dégâts », a indiqué James Gillie, le porte-parole du CERN, au Telegraph. Avant d’ajouter : « il a été détecté très rapidement ». Pourtant, les scientifiques du CERN se sont dit inquiets de ce que les hackers auraient pu faire « à l’étape suivante ». C’est-à-dire s’ils avaient pu atteindre le deuxième niveau du réseau et s’introduire dans le système informatique de contrôle du LHC. Selon le journal anglais, un seul fichier a été endommagé mais, en interne, l’expérience a été jugée « effrayante ». Avant de supprimer les fichiers laissés par la Greek Security Team, l’équipe du CMS a vérifié qu’il n’y avait pas eu de backdoor installée, un programme qui laisse un accès au système ouvert. Suite à cet épisode, le CERN a mis en place un groupe de travail. Dans un document, ce dernier indique : « les évènements récents montrent que les questions de sécurité informatique sont en train de devenir un problème grave, au CERN aussi ». MàJ 19h58 : Le message a été traduit du grec à l ’anglais par George Chlapoutakis. Ils y indiquent notamment : « notre but est de montrer, par l’action, notre réaction à beaucoup de membres « actifs » de la SGH [Scène Hacking Grec], devenus arrogants ».
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