jeudi 19 avril 2007 15:58
Le web, combien de visiteurs ?
Des études proposent de nouvelles façons d’analyser l’usage du web.
tags : web 2.0 , analyse , polémique , classement
Depuis les débuts du web, les instituts mesurant l’audience des sites utilisent principalement les deux mêmes instruments : le nombre de visites et le nombre de pages vues sur chaque site. Des méthodes aujourd’hui partiellement remises en cause par des études de Comscore et Nielsen Netratings. Chez Nielsen Netratings, on fait remarquer qu’avec l’avènement des sites « web 2.0 » (où l’on recharge moins souvent les pages) et de la vidéo sur le net, la notion de « page vue » perd de son importance. Leur dernière étude, basée sur l’usage du net au Royaume-Uni, se concentre ainsi plutôt sur le temps passé par les internautes sur un site. Ce qui chamboule un peu les classements habituels. Le classement par nombre total de pages vues ou de visites reste classique (Google, Ebay, Yahoo, Microsoft et MySpace en tête) et celui calculant le nombre de pages vues par visiteur fait la part belle aux réseaux sociaux (Facebook, Bebo, MySpace, Faceparty et Piczo remplissent une bonne partie du top 10). Mais le classement par temps passé consacre lui les activités ludiques. Ainsi, en moyenne, le jeu RuneScape a conservé chacun de ses visiteurs durant 6h32 sur le mois, tandis que le portail ludique de l’éditeur Electronic Arts a retenu ses visiteurs 3h durant. Le site sur lequel les Britanniques ont passé le plus de temps en février est Ebay, avec près de 28 millions d’heures. Youtube est le premier site de vidéos du classement, il arrive 9e avec 4,5 millions d’heures. Dans l’ensemble, le haut du classement n’est toutefois pas révolutionné par cette nouvelle mesure. L’étude de Comscore est elle plus radicale. L’institut américain annonce que les estimations du nombre de visites par site pourraient être surévaluées de 150%. En cause, la méthodologie de l’étude, qui se base sur les cookies des navigateurs web. A chaque fois qu’un internaute visite un nouveau site faisant partie de l’étude, Comscore stocke un cookie sur son ordinateur. Et c’est la mesure de tous ces cookies qui donne le nombre de visiteurs sur une période donnée. Problème : la nouvelle étude de Comscore, établie en décembre 2006 aux Etats-Unis, indique qu’un tiers des utilisateurs supprime ses cookies au moins une fois par mois. En cas de retour sur un site déjà visité, cela signifie que ces internautes seront de nouveau comptés comme de nouveaux visiteurs. Pire : ce tiers d’utilisateurs représente en fait 58% des cookies mesurés par l’étude. Autrement dit, le nombre de visiteurs annoncés par Comscore était très supérieur à la réalité. L’institut est conscient du problème, faisant remarquer notamment que la publicité online se base sur ce genre de statistiques. La solution que propose Comscore ne semble toutefois pas miraculeuse. L’institut préconise de baser ses études sur un panel limité d’internautes (sur le modèle de Médiamétrie en France, par exemple). Une solution qui, pas plus que la mesure des cookies, ne garantit la justesse des résultats.
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