Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Le piratage est un danger pour l’avenir de notre civilisation.

Muriel Marland-Militello, députée UMP

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

mercredi 3 décembre 2008 12:50

  • cinéma

« Leonera » : les fortes du pénitencier

Couteau. Trapero dépeint le calvaire d’une mère incarcérée.

par Didier Péron

Martina Gusman, compagne du cinéaste, décroche ici son premier grand rôle au cinéma. Photo Advitam

Leonera, de Pablo Trapero, avec Martina Gusman, Elli Medeiros, Rodrigo Santoro... 1h53.

Une étudiante, Julia, se réveille, le visage et les mains couverts de sang. Elle prend une douche, file à la bibliothèque où elle semble passer une journée ordinaire. Ce n’est que le soir, à son retour, que le voile du traumatisme se déchire et qu’elle trouve deux corps masculins gisant sur la moquette de son appartement. L’un des types, Ramiro, respire encore, l’autre, Nahuel, est mort à coups de couteau. Julia est immédiatement incarcérée et accusée du meurtre. Elle dit à son avocat ne se souvenir de rien de cette nuit de cauchemar, sinon qu’elle est rentrée chez elle et a trouvé les deux hommes dans son lit se disputant violemment.

Leonera repose sur ce trou noir d’un fait divers qui ne peut jamais être intégralement reconstruit et sur le statut ambivalent de Julia, peut-être victime d’une erreur judiciaire mais peut-être aussi coupable du crime dans un accès de colère contre ces garçons qui avaient fini par l’exploiter en vivant à ses crochets. Leonera contient ainsi plusieurs films en un seul. A la prenante description de l’incertitude factuelle d’un crime s’ajoute une immersion fascinante dans une prison de femmes en Argentine, qui plus est dans le secteur réservé aux mères car Julia, au début, est enceinte (du mort !) et accouche d’un petit garçon, Thomas, qu’elle peut garder avec elle jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge de quatre ans. Mais le film est aussi une manière de fiction amoureuse du cinéaste Trapero pour l’actrice principale, Martina Gusman, qui partage sa vie et qu’il malmène ici deux heures durant en la plongeant dans des situations extrêmes. Le récit se déployant sur plusieurs années, on voit Julia, qui est au début une jeune fille sous le choc, devenir une femme ayant intégré les codes de la prison et acquis un sens farouche d’une liberté qu’il lui faut désormais arracher à un destin qui semble vouloir la déposséder de ce qu’elle a de plus cher et, in fine, la détruire.

Dans son précédent film, Nacido y Criado, Trapero imaginait le sort d’un architecte d’intérieur qui, ayant perdu sa femme (déjà interprétée par Gusman), se perdait à son tour dans le paysage de Patagonie. On pouvait recevoir le film à travers le prisme biographique, un cinéaste, devenu, jeune, leader du nouveau cinéma argentin, s’efforçant de casser ce confort, cherchant dans un paysage glacial, plombé par le silence, hanté par la folie de la solitude, le signe d’une renaissance possible.

La force de Leonera a semble-t-il profité de cette mise au point aventureuse, car ce cinquième long métrage apparaît pour Trapero comme un pas en avant vers la maturité. La maîtrise de la mise en scène, la fluidité du montage, le réglage des effets pourraient conduire à un cinéma académique. Or, même s’il compose avec les clichés du sous-genre érotique du film de prison de femmes, le cinéaste ne se laisse pas dévorer par l’imagerie ni ne plaque de discours édifiant sur l’action. Seuls le captivent le mystère de son personnage et la beauté de son parcours.

Paru dans Libération du 3 décembre 2008


Il y a 0 réaction à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

article précédent
Alliot-Marie veut filtrer le net, mais ne sait pas comment
article suivant
Ordinateurs et logiciels, bientôt la fin de la vente liée ?


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • écrire à Didier Péron
  • réactions (0)
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Oh ! Un ver de terre géant !
  • The burning house
  • Free Mobile, un premier mois de fritage
  • « Dr House » cane au bout de huit saisons
  • Piratage en série sur l’iTunes Store

Lib.fr

  • Free Mobile, un premier mois de fritage
  • A la barre, Gaubert a la mémoire qui flanche sur des «faits anciens»
  • La Cité radieuse, un grand ensemble classé monument historique
  • Dopage : le mari de Jeannie Longo mis en examen
  • Obama dévoile sa playlist de campagne
publicité

Etonnant, non ?

img75
Oh ! Un ver de terre géant !

L’échelle de l’univers 2 permet de scroller à travers le monde, de l’infiniment grand à l’infiniment petit. Attention chronophage !


Chronophage

Color Pic-a-Pix

Cet excellent jeu ne dépaysera pas les habitués de Picross : les règles sont exactement les mêmes, avec des couleurs en plus.


Le site du jour

img75
The burning house

« Si votre maison prenait feu, qu’emporteriez-vous avant de la quitter ? » Le designer Foster Huntington a posé la question à ses lecteurs, et regroupé leurs réponses photographiques.


En bref

img75
« Dr House » cane au bout de huit saisons

Bip, bip, bip… bip… biiip… Ainsi résonnera, le 21 mai, l’électrocardiogramme de la série Dr House, dont la chaîne Fox a prononcé le décès hier.


De saison

img75
L’Elysée à l’abordage du Net

Dans un merveilleux dessin interactif, OWNI liste les principales figures de la conquête de l’Internet par l’Elysée, et schématise leur relations en filant la métaphore de l’île déserte.


Hum, bizarre...

img75
Les sosies sont six

Vous ne vous êtes jamais dit que votre voisin de train ou de fil d’attente ressemblait à un personnage de fiction ?




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008