Les DRM n’abdiquent (toujours) pas
par Erwan Cario
tags : vidéo , téléchargement , DRM
Le principe de l’open market - DR
On pensait les DRM, ces verrous numériques qui contrôlent l’utilisation qui est faite des fichiers audiovisuels téléchargés légalement, sur le déclin. Année après année, ils ont en effet montré qu’ils avaient tout pour déplaire. De la lecture impossible sur certains types d’appareil aux cas les plus extrêmes où, parce que Yahoo et Microsoft décident de suspendre un service, les acheteurs risquent de perdre tout simplement l’accès aux morceaux achetés légalement. Mais c’est la philosophie même du procédé qui, sans doute, est responsable du rejet des utilisateurs : les DRM sont limitatifs, encombrants et, surtout, ils présupposent que les acheteurs sont tous des fraudeurs en puissance. Les majors du disque commencent donc, petit à petit, à se débarrasser de ce système qui a prouvé son inefficacité. Mais le principe n’est pourtant pas enterré. C’est par l’industrie du cinéma qu’ils pourraient faire un come-back fracassant. Ayant identifié ce qui constitue pour eux la principale limitation du système, à savoir l’interopérabilité (la capacité de pouvoir lire un fichier sur tous les supports possibles), Sony vient de présenter un nouveau système baptisé “Open market”. Le principe est de faire intervenir une nouvelle structure, indépendante, qui se situerait entre le consommateur et le vendeur. Le consommateur déclarera auprès de cette structure un « domaine » où seront identifiées toutes les machines sur lesquelles il pourra jouer le fichier acheté. Il devra donc, une fois pour toutes, inscrire son ordinateur, son lecteur mp3, sa voiture, sa télévision, etc. Ensuite, il pourra profiter de ce qu’il aura acheté sur toutes les plateformes partenaires du système Open Market sur tous ses supports.
Pour l’instant, du côté des studios, Paramount, Sony, Universal, Time Warner et Fox seraient intéresses par le système. Pour les vendeurs partants, on trouve de grands noms, mais surtout situés aux Etats-Unis, comme Wal-Mart, Comcast, MovieLink, Amazon ou CinemaNow. Pas de traces d’Apple ou de Disney pour l’instant. Malgré ces belles promesses, on a un peu de mal à comprendre l’intérêt d’une telle usine à gaz. Rien que les schémas illustrant la présentation en pdf du système suffisent pour comprendre qu’il y a peu de chances que les consommateurs adhèrent en masse à un système qui introduit une nouvelle contrainte de déclaration de matériel, sans ajouter pour autant un « nouveau » service autre que celui de l’interopérabilité (fourni par défaut sur tous les fichiers sans DRM). Et le fait de pouvoir lire un contenu acheté sur n’importe quel support n’est pas une véritable avantage, c’est juste la moindre des choses.
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