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jeudi 8 janvier 2009 13:32

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La police britannique se lance dans le « crime mapping »

par Stéphanie Goutte

tags : politique , carte , Google Maps , Royaume-Uni

La criminalité londonienne en ligne. Metropolitan Police

La police britannique vient de mettre en place un système de cartes, qui permet à tout Anglais et à tout Gallois de visualiser le nombre de crimes déclarés dans son voisinage. Grâce à des statistiques mensuelles, les Britanniques peuvent connaître le taux de criminalité de leur quartier, et le comparer à celui de leurs voisins.

Ce projet de cartographie a été annoncé par le gouvernement en juillet 2008. Les 43 départements de police qui composent le pays de Galles et l’Angleterre ont alors eu jusqu’à la fin de l’année pour établir une carte du crime. Les sites web de chaque commissariat se sont donc dotés d’une Google Map version criminalité, légendée, où l’on peut zoomer et naviguer. Chaque quartier est tagué d’après le niveau de criminalité. Un menu permet de choisir à travers quel crime ou délit on veut observer son département.

A priori, la communication transversale n’a pas vraiment fonctionné. Il existe différents modèles de carte, avec des données plus ou moins précises, pas toujours exhaustives. Les couleurs changent, l’aspect des cartes aussi ; on passe de l’infographie-flash maison (Greater Manchester) à la Google Map coloriée (Guildford). Ces “crime maps” ne sont même pas reliées entre elles. Difficile donc de comparer des villes qui ne sont pas sous la même juridiction. Les autorités ont assuré qu’aucune homogénéisation ni centralisation n’était prévue.

Chaque carte est accompagnée d’un tableau de statistiques —également différent selon la région choisie—, où l’on peut suivre l’évolution de la criminalité dans le temps. Celui de Londres est particulièrement précis.

Vernon Coaker, secrétaire d’état en charge de la police explique la démarche : « En sensibilisant nos concitoyens par le biais de cartes détaillées, ils s’engageront plus dans la communauté. Parallèlement, cela permettra aux forces de l’ordre de mieux s’investir dans leur travail ». L’objectif principal reste de rassurer la population en cassant le mythe d’une criminalité élevée dans certaines zones. Cette initiative fait suite à une étude publiée par la police britannique, concernant la localisation géographique des crimes. Une comparaison entre la perception qu’ont les gens de la criminalité, et le taux de criminalité réel y est faite.

A gauche, ce que les britanniques perçoivent ; à droite, la criminalité réelle. - Chainey and Ratcliff

La plupart de ces Google Maps du crime ne répertorient que des délits allant du cambriolage au vol de voiture. La police se refuse à donner des informations concernant les crimes commis par des mineurs, les agressions au couteau et en pleine rue, de peur de rentrer dans un processus de stigmatisation qui ghettoïserait des quartiers. Ces informations risquent quand même d’avoir un impact sur le marché de l’immobilier britanniques.

Sur cette initiative, Simon Reed, vice-président de la Fédération de Police est plutôt mitigé : « En publiant des statistiques mensuelles, nous informons également les criminels des secteurs que nous surveillons. Cela risque d’exacerber aussi la peur de nos concitoyens. »

L’opposition, elle, voit dans le “crime mapping” « une pâle imitation de (sa) politique », selon Dominic Grieve, responsable des problèmes de sécurité intérieure au sein du parti conservateur. Les libéraux, de leur côté, aimeraient ajouter à ces cartes le nombre d’affaires résolues. Leur porte-parole précise que « le public doit connaître la capacité de la police à lutter contre le crime, autant que l’étendue du problème. »


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