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lundi 31 août 2009 14:32

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Les derniers jours du « Monde (presque) perdu »

Sortie la semaine dernière, la comédie fantastique avec Will Ferrell est distribuée en catimini après son four retentissant outre-Atlantique.

par Alexandre Hervaud

tags : fantastique , comédie

Will Ferrell, Danny McBride et des hommes lézards.

Étant toujours prêts à maudire les retitrages français absurdes qui n’aident pas les comédies US à trouver leur public au pays de Frank Dubosc, avouons que rebaptiser Land of Lost en Le monde (presque) perdu n’était pas une si mauvaise idée. Après tout, peu de gens par ici connaissent la série TV originale dont le film est adapté, et la référence à Conan Doyle (ou à Spielberg, si on préfère...) est plutôt bien vue, mélange de dinosaures et de fantastique oblige. Pour les curieux et les amateurs d’effets spéciaux faits à la main, la vision du générique de la série produite dans les années 70 est vivement conseillée :

La version ciné, sortie la semaine dernière, suit les déboires de Rick Marshall (Will Ferrell), paléontologiste has-been , propulsé dans un monde parallèle peuplé de dinosaures, d’aliens et d’hommes singes. Accompagné par son assistante et par un plouc pas très brave, Rick accepte la mission proposée par un reptile en tunique qui parle : sauver l’univers, et accessoirement rentrer chez lui.

Que les amateurs de Will Ferrell, génial acteur comique spécialistes des comédies régressives (Présentateur Vedette, Frangins malgré eux), soient prévenus : ce Monde (presque) perdu n’a rien — ou pas grand chose— d’une déclinaison préhistorique de l’humour Apatow, producteur-scénariste-réalisateur fer de lance de la nouvelle comédie US. Ici, pas de pelletés de seconds rôles geek-losers, pas (trop) de blagues de cul, pas de Seth Rogen... Le film, destiné à un public familial, navigue plutôt dans la catégorie d’une Nuit au Musée, avec une dose de folie en plus : voit-on souvent dans des blockbusters tout public de longues scènes de défonces gay-friendly sur fond de Hendrix dans un décor onirique ? Entre scènes d’actions « classiques » (type poursuite de T-Rex en images de synthèse) et délires kitsch lo-fi (le film remet au goût du jour le métier de figurant suant sous des costumes ridicules en plastique), ce Monde mérite clairement qu’on s’y perdre.


Sur la plage abandonnée... - DR

Le réalisateur Brad Silberling n’en est pas à son coup d’essai dans le domaine du « film fantastique gentillet avec star de l’humour au générique », puisqu’on lui doit les sympathiques Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, avec un Jim Carrey caméléon et omniprésent. Si Ferrell est lui aussi de tous les plans ou presque dans ce délire, la vraie star du film est son hilarant poulain Danny McBride, la moumoute redneck bien connue des fans de sa série culte Eastbound & Down. McBride est une fois de plus hilarant en vendeur de pétards et autre feux d’artifices (dont un joliment baptisé « vasectomie mexicaine ») embarqué malgré lui dans cette aventure. Les trekkies seront ravis d’apprendre que, Leonard Nimoy, Spock himself, se fend d’un cameo vocal.

Pour profiter pleinement de l’esthétique rétro-cool du film, la vision sur grand écran est plus que vivement conseillée. Et pour ce faire, bon courage, le film n’étant diffusé que dans 44 salles dès sa première semaine d’exploitation... On peut comprendre une telle réserve de la part du distributeur, connaissant le peu de notoriété de Ferrell ici-bas, d’autant que le film a fait un bide magistral au box-office US, plombant les comptes d’Universal. La mise en route d’une suite (plus ou moins promise par le dernier plan du film) apparaît dès lors assez compromise, et c’est sûrement mieux ainsi. Pas sûr que les pitreries paléontologiques du grand dadais Ferrell soient d’un grand intérêt une fois exploitées ad nauseam.

Bande annonce :


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