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mardi 16 octobre 2007 12:54

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Les forums pirates dans la mire de l’industrie musicale

Un groupement de majors du disque a décidé de s’attaquer au site usenet.com pour participation et incitation au piratage.

par Astrid Girardeau

tags : musique , téléchargement , piratage , justice , Usenet

La page d’accueil de usenet.com

Depuis quelques mois, les newsgroups sont devenus la nouvelle cible des maisons de disque dans leur guerre contre le piratage. Après la condamnation en Allemagne de Usenext et la fermeture par Free de 14 newsgroups début septembre, le Billboard rapporte qu’un groupement de majors du disque a décidé de s’attaquer au site usenet.com, pour participation et incitation au piratage.

La plainte, déposée vendredi dernier au tribunal d’instance de New York par quatorze maisons de disque – dont BMG, Sony, Virgin et Warner (1) - accuse usenet.com de permettre et d’encourager ses utilisateur à reproduire et distribuer des millions d’enregistrements musicaux issus de labels sans leur permission. Pour les plaignants, usenet.com est responsable de vendre un service d’accès à des millions de fichiers, dont des fichiers musicaux illégaux, et « d’être un refuge pour ceux qui cherchent du contenu piraté ».

Créé en 1979, Usenet est à l’origine un système en réseau de forums de discussions, où les utilisateurs peuvent lire envoyer des messages. Quand un message est envoyé, il est stocké sur un serveur, avant d’être copié sur un ensemble de serveurs qui le mettent à leur tour à disposition. Il est aujourd’hui utilisé pour l’échange (légal ou non) de fichiers de musique et de films. Contrairement au P2P, l’échange des fichiers est anonyme, les maisons de disque n’ont donc pas la possibilité de poursuivre ses utilisateurs.

Le site usenet.com lui est un fournisseur d’accès aux serveurs Usenet. Il vend du téléchargement à très haut débit et à bas prix (18,95 dollars pour un téléchargement illimité), ainsi qu’un accès à plus de 120 000 newsgroups, dont il copie les contenus. Les plaignants lui reprochent de ne pas filtrer les groupes de discussions qu’il propose - ce qui est possible techniquement - et même de sélectionner particulièrement ceux « explicitement consacrés à la violation du droit d’auteur ». De plus, ils l’accusent d’avoir refusé de supprimer des contenus illégaux que des labels lui avaient notifiés.

Dans sa politique générale, le fournisseur se cache derrière sa non-responsabilité des contenus échangés. « Chut ! On estime que ce que vous faites sur Internet ou Usenet ne regarde personne sauf vous. On ne traque pas l’activité de nos utilisateurs. » clame t-il ainsi sur la page d’accueil de leur site. Une ligne de défense aujourd’hui de plus en plus fragile devant les tribunaux.

(1) La liste des plaignants est : BMG Music, Virgin Records America, Warner Bros Records, Sony BMG Music, Arista Records, Atlantic Recording, Capitol Records, Caroline Records, Elektra Entertainment Group, Interscope Records, LaFace Records, Maverick RecordingEntertainment, UMG Recordings et Zomba Recording.


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