Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Je rejette le terme “piratage”. Ce sont des gens qui écoutent de la musique et la partagent avec d’autres personnes.

Steve Albini, pilier du rock indépendant américain depuis 1982

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

mercredi 10 décembre 2008 09:52

  • cinéma

Les hoquets de la méthode Coen

Disquette. Les frères cinéastes réutilisent leurs vieilles recettes et rient parfois tout seuls.

par Didier Péron

Les pieds d’une méga-star. Sauras-tu la reconnaître ? Photo Macall Polay

Burn After Reading, de Joel et Ethan Coen, avec George Clooney, Frances McDormand, John Malkovich, Tilda Swinton, Brad Pitt... 1h35.

Après la consécration internationale pour leur adaptation du roman de Cormac McCarthy, No Country for Old Men, les Coen auraient pu tenter de garder le cap, mais un démon les poursuit qui les incitent à se comporter comme des marioles à l’heure où une nouvelle aura de respect se formait autour d’eux.

Cette tendance bullshit aboutit avec Burn After Reading à un film qui mélange à grosses poignées plus ou moins sous contrôle des éléments du film d’espionnage, du vaudeville et de la farce politique. Osbourne Cox (John Malkovich), analyste à la CIA, est viré pour cause d’alcoolisme. Furieux, il décide de tout balancer en écrivant ses mémoires. Par une turpitude de scénario, une disquette de ses premières notes tombe entre les mains de Chad Feldheimer (Brad Pitt) et Linda Litzke (Frances McDormand), employés d’une salle de sport, Hardbodies.

Chad, qui a la maturité d’un enfant de 5 ans, essaie de faire chanter Cox et de lui extorquer de l’argent contre la disquette. Il faut dire que Linda a besoin de fric pour une opération de chirurgie esthétique qui lui permettrait d’avoir l’air d’une sportive et non d’une « grosse vache ». Harry Pfarrer (George Clooney), marshal fédéral, couche avec la femme d’Osbourne Cox, puis avec Linda qui, par ailleurs, tente de négocier la disquette avec les services secrets russes. On laissera aux spectateurs la découverte des calamités de plus en plus absurdes qui découlent de l’agitation de cette bande de demeurés.

Les Coen sont des rottweillers hilares. Au fond, comme le psychopathe à frange de No Country for Old Men, ils ont toujours plus ou moins joué le sort de leurs personnages à pile ou face pour finir par leur tirer quoiqu’il arrive un bon coup de carabine en pleine face. L’humanité mourante qui parfois parvient à s’exhaler de leur nihilisme sarcastique provient soit de la beauté même de leur mise en scène, soit de la résistance de l’acteur à leur sadisme. Burn After Reading passe à la broyeuse les prétentions américaines à tout observer, prévoir et contrôler. Washington, où se déroule l’intrigue, vit sous l’emprise des espions (qui ne comprennent rien) et des hystériques de la gym (qui se mêlent de tout). Le nerf de la bérézina est double : sexe et argent. On peut voir le film, à la limite, comme une manière pour les Coen de solder le règne paranoïaque de l’idiot Bush qui a entraîné le pays vers ses pires instincts.

Paru dans Libération du 10 décembre 2008


Il y a 0 réaction à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

article précédent
« Prince of Persia », le marchand de sabres est repassé
article suivant
« Les Inséparables », haut en douleurs


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • écrire à Didier Péron
  • réactions (0)
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Lekiosque.fr se presse à l’étranger
  • Pierre Lescure, des intérêts en question
  • Angry Birds prend son envol social
  • Pas de « Silence on joue » cette semaine
  • [Vidéo] Ecrans.fr, le podcast citoyen

Lib.fr

  • Google confronté au viol de droits d'auteur
  • Le Québec négocie pour sortir du conflit
  • A la une de «Libé» : Plans sociaux, ce que peut faire la gauche
  • Cynisme
  • Fin du vote en Égypte
publicité

Inutile donc inutile

img75
Un coup de Moog

Jouer du Daft Punk avec le doodle Moog de Google ? Yes he can.


Chronophage

Wake up the Box 4

On ne se contente plus d’assembler les pièces de bois à notre disposition pour construire une machine à réveiller la boîte. Il faut désormais les dessiner soi-même.


Ecouter / Voir

img75
Un clip dans ses petits papiers

« Østersøen » fera moins consensus sur son style musical que ses charmants décors en papier et carton.


Hum, bizarre...

img75
Dans le secret des lieux

L’un des gouvernements les plus zélés sur Google Earth est celui des Pays-Bas, qui a recouvert d’esthétiques polygones des centaines de sites stratégiques (palais royaux, dépôts de fuel, bases militaires...)


Vidéo box

img75
Meilleurs souvenirs du net

Marco Cadioli se livre à des dérives existentielles autour du globe avec Google Earth.


Vendredi, à poils !

img75
« Ce glandeur de phoque du Groenland n’a pas de boulot »




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008