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jeudi 16 décembre 2010 19:14

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Les machinimas descendent à l’hôtel

par Marie Lechner

tags : machinima , animation

Ctrl-Alt-Del de Trace Sanderson

Atopic festival
les vendredi 17 (de 18h à minuit) et le samedi 18 décembre (de 14h à minuit) à l’hôtel Scribe, 1 rue scribe, 75009 Paris
et à la Géode le 20 décembre à 20h.
Entrée libre

Il y a 115 ans, le 28 décembre 1895, les frères Lumière organisaient la première projection cinématographique publique sur le boulevard des Capucines. La séance historique de dix films (dont la fameuse Sortie de l’usine Lumière à Lyon), s’est tenue au Salon indien du Grand Café, où se trouve désormais le Café Lumière de l’Hôtel Scribe.

Ce lieu qui a accueilli les balbutiements du 7e art ouvre ses portes les 17 et 18 décembre au machinima, un genre né il y a une douzaine d’années dans l’underground vidéoludique. Contraction de machine, d’animation et de cinéma, il s’agit d’un film tourné à l’intérieur d’un monde virtuel ou d’un jeu vidéo. D’ordinaire diffusés sur le web, les machinimas s’installent sur grand écran dans le cadre du festival Atopic, dont c’est la seconde édition. La sélection est plus resserrée avec 25 films soit deux fois moins qu’en 2009.

OVER DATA from Marco Cadioli

Moins de surprises également, les films sont certes de plus en plus longs, mais avec des narrations classiques et des scénarios qui reprennent souvent les codes des films d’action hollywoodiens. On y compte quelques rares films expérimentaux, comme ceux de Marco Cadioli, qui explore les étranges paysages d’icônes de Google Earth débarrassé de ses images satellitaires, le mash up du film de science fiction Alphaville de Godard avec le jeu de dérive urbaine GTA, ou quelques rêveries surréalistes filmées dans Second life.

Ca et là, quelques courts-métrages bien troussés, comme le sarcastique Lovely Family TV, qui se déroule dans l’univers des Sims, sur les conséquences de l’intrusion d’un poste de télévision dans un foyer, soumis au bombardement publicitaire. Des films que les internautes sont appelés à départager pour le prix du public remis lundi soir à la Géode.

Lovely Family TV from Meedoc

On notera l’absence dans ce panorama d’un nouveau genre de machinimas qui a fait gloser cette année, ceux consacrés à la reconstitution (voire la re-création) de faits divers ou d’actualités, spécialité de Next Media Animation, site taïwanais qui réinvente le tabloïd en version animée trash (du divorce d’Eva Longoria au suicide du fils Madoff en passant par l’épopée Wikileaks.

A l’occasion d’Atopic, mais cette fois hors compétition, Benjamin Nuel présentera les trois premiers épisodes de la série Hotel, où terroristes et policiers semblent errer sans but dans un parc bucolique comme échoués d’un jeu de guerre, à tromper l’ennui dans un hôtel, croisant de temps à autre une poule bondissante, aux couleurs criardes, faite de polygones mal dégrossis. Les personnages archétypaux, au comportement étrange, assistent impuissants à la désagrégation de ce décor superficiel, sombrant petit à petit dans le « void, le vide noir propre à l’informatique. » La série de Nuel fait buguer le jeu guerrier, entre farce grotesque et malaise existentiel, tout en questionnant la nature de ces mondes virtuels.

Lundi 20 décembre, à 20h en avant première à la Géode sera également projeté Transbup, un film de Nicolas Boone, qui se déroule dans le monde réel et dans les mondes virtuels, contrôlés par une puissante société, BUP. Une sorte de « meilleur des mondes » dont l’équilibre est menacé par des comploteurs qui se réunissent par avatars interposés dans des lieux secrets en ligne, fuyant les autorités qui sont à leurs trousses dans les deux mondes.


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