jeudi 31 décembre 2009 11:26
Les partis à l’âge des réseaux
tags : politique , réseau social
Dessin Jochen Gerner
Les sympathisants de Ségolène Royal ont lancé lundi une « plate-forme solidaire » sur le site Desirsdavenir.org de la candidate socialiste à l’élection présidentielle de 2007. Preuve supplémentaire qu’au-delà des traditionnels sites internet, les réseaux sociaux font désormais fureur, les partis politiques français ayant tous tiré les leçons du succès de la campagne présidentielle de Barack Obama sur le Web. Avant l’ancienne candidate socialiste, le Modem avait lancé en février son « média social », Lesdemocrates.fr. Le PS et l’UMP aussi vont s’y mettre et veulent voir plus grand. « On a tous lu le rapport de Terra Nova [think tank proche du PS, ndlr] », remarque Frank Mouly, chargé du réseau de communication des communistes. L’enjeu est maintenant de transformer les sympathisants virtuels accrochés sur la Toile en militants de terrain. « Le réseau social, c’est un outil du XXIe siècle au service d’une campagne du XIXe siècle », reprend un concepteur de ces nouveaux outils. Pour l’heure, chacun épie le projet des concurrents. Le PS veut équiper ses 3 700 sections, avant d’ouvrir, début 2010, Coopol aux sympathisants. L’UMP teste ses Créateurs de possibles sur des fédérations pionnières et promet de se lancer début janvier. Le Nouveau Centre a déjà mis sur orbite Epicentres. Europe Ecologie restructure son attirail numérique pour les régionales. Et le PCF vise la Fête de l’Humanité en septembre. « Notre logique n’est pas d’être un presse-bouton pour lever, comme le fait UMP, une armée de fantassins au profit de Sarkozy », assure Frank Mouly. En fait, deux écoles s’affrontent. L’UMP, avec les Créateurs de possibles, ambitionne de rassembler militants, sympathisants et quidams de droite en leur proposant une boîte à outils pour leurs petits ennuis quotidiens et les grands débats politiques. « Remonter les problèmes du terrain, c’est une bonne idée. Sauf que le réflexe de tout citoyen qui veut faire réparer un lampadaire, c’est plutôt d’aller sur le site de la mairie », ironise Benoît Thieulin, le concepteur de Coopol. Au PS et au PCF, on perçoit plus ces réseaux comme des leviers de mobilisation militante calqués sur l’organisation du parti, sorte d’intranet amélioré. « Alors qu’il y a un épuisement des structures, le réseau offre un nouveau débouché à l’énergie collective », estime Alexis Braud, des Verts. Avec le risque pour les directions de ces formations de se laisser déborder en cas de trop grand succès. Paru dans Libération du 29 décembre 2009
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