lundi 27 juillet 2009 18:16
Les routards du web #4 : Les traces de son passage
par Camille Gévaudan
tags : carte , OpenStreetMap , Les routards du web
Visualisation du tracé GPS sur le logiciel JOSM.
Alors alors, ça a marché ? Il faut espérer que oui, car je ne peux découvrir le fameux tracé enregistré qu’en connectant le GPS à mon PC, de retour à Paris. Et s’il y a un problème, je ne compte évidemment pas faire 400 km pour recommencer l’exercice... La phase des manipulations de matériel et celle des pérégrinations automobiles est terminée. La suite se déroulera de manière plus classique, sur ordinateur : il s’agit d’importer les coordonnées enregistrées par le GPS, puis de dessiner la ville rue par rue sur un éditeur de carte OpenStreetMap, et enfin de mettre tout ce travail en ligne. Une fois reconnu par Windows (ce qui n’a pas été immédiat), le GPS fonctionne comme une simple clé USB. Sans même utiliser le programme de liaison TomTom, je navigue dans les dossiers de l’appareil à la recherche des fichiers au format “.gpx” compatibles avec OpenStreetMap. C’est dans le dossier “statdata” que je trouve plusieurs fichiers créés ce week-end, dont deux en “.gpx”. Le premier, 38 ko et daté du samedi, devrait correspondre au petit test que j’ai effectué en faisant le tour du pâté de maisons à pied. Le second, daté du dimanche... Gloups. Le second, qui devrait contenir plus de 30 minutes d’enregistrement à raison d’une paire de coordonnées par secondes, pèse 1 ko. I have a very bad feeling about this, et la catastrophe est confirmée quand je l’ouvre au bloc-notes Windows pour autopsie : le fichier ne contient que des balises de mise en forme et une adresse URL. Zéro coordonnée. Mon expérience OpenStreetMap aurait pu s’arrêter sur cet « Epic Fail » dont je suis incapable d’expliquer la cause. J’aurais perdu toute envie de cartographier quoi que ce soit et juré de ne plus jamais toucher à un GPS. Mais heureusement pour moi, pour Sarrebourg et pour la série des « Routards du web », il se trouve que j’ai eu le nez creux en choisissant mon logiciel d’enregistrement. TTTracklog est, semble-t-il, le seul plug-in pour TomTom qui double tous ses fichiers : l’un est un GPX, l’autre est au format NMEA. Je n’ai aucune idée de la différence technique entre les deux, mais le fichier "nmea-2009-07-14.log", lui au moins, a fonctionné :
Ouf. Grâce à GPS Babel, un outil en ligne capable de convertir n’importe quel format de tracé GPS en n’importe quel autre, j’arrive à récupérer un .gpx fonctionnel et suis enfin prête à visualiser mon œuvre sur l’éditeur de carte. Il n’y a pas, sur le site OpenStreetMap.org, d’espace “bac à sable” où l’on peut s’entraîner à la maîtrise des outils sans craindre de détruire le travail des autres, comme ça existe sur Wikipédia. Il y a mieux. JOSM (pour Java OpenStreetMap), l’éditeur le plus utilisé parmi les contributeurs du projet, présente l’énorme avantage de fonctionner hors ligne. On commence par délimiter sur la carte la zone que l’on veut éditer, et le logiciel se charge d’en télécharger les données sur l’ordinateur. On ajoute alors ses propres tracés, qui se superposent à la carte comme des calques sur Photoshop, et on dessine les routes le long des points que l’on a enregistrés. On peut se tromper autant de fois qu’il le faut, annuler ses bêtises d’un coup de CTRL+Z, faire des tests, modifier son travail à l’infini, l’enregistrer et le réouvrir le lendemain pour continuer, jusqu’à ce qu’il soit parfait et prêt à être mis en ligne. A ce moment-là, on réenvoie les données sur le serveur pour mettre à jour la carte.
En quelques clics, j’importe donc mon GPX tout neuf dans le logiciel et le tracé s’affiche. Bon, le style graphique fait un peu “turkish hacker”, mais l’itinéraire est très clair. JOSM a déjà relié mes points de passage et ajouté des flèches directionnelles, de sorte que je visualise bien mon trajet dans la ville. Je reconnais la longue route qui mène au centre-ville, les petites rues du centre, le détour au sud-ouest jusqu’à la piscine et même l’arrêt à la station service au retour. J’en suis presque émue. Un coup de zoom à la molette, et je m’émerveille de la précision des coordonnées : sur les routes que j’ai parcourues deux fois, on peut distinguer les voies prises à l’aller et au retour et même voir les deux traits se croiser au carrefour. Grâce à un mode d’emploi détaillé et illustré, j’apprends à dessiner ma première rue. Un clic pour le point de départ, un clic pour chaque point intermédiaire, deux clics pour terminer le trait. Il suffit de réutiliser un point existant en traçant une deuxième rue pour que celle-ci croise la première (c’est pour ça, d’ailleurs, que ça s’appelle un nœud et non un point). Quand la rue que je dessine est trop large, je pose intuitivement les segments à équidistance des voies aller et retour du tracé. Je prends vite le pli et finis de décalquer mes rues en un quart d’heure. Mais le gros morceau est encore à venir : il faut maintenant s’attaquer aux « tags », et ça n’a pas pas l’air simple. Les épisodes précédents :
En violet, le tracé GPS. En gris, jaune et rouge, les rues (ou “ways”, dans le jargon) dessinées par-dessus.
OpenStreetMap, les routards du web #1 : A la carte !
Les routards du web #2 : Lost in GPS
Les routards du web #3 : Sur la route
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