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mercredi 5 août 2009 14:53

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Les routards du web #5 : Taggons les rues !

par Camille Gévaudan

tags : carte , OpenStreetMap , Les routards du web

Le logiciel JOSM permet d’affiches les photos à l’endroit où elles ont été prises, le long du tracé GPS.

Voilà arrivé le moment de "tagger" mon tracé. L’étape est un peu difficile à appréhender quand on débute sur OpenStreetMap, mais cruciale car elle permet aux chemins et nœuds que l’on a tracés dans le logiciel d’être correctement interprétés et affichés sur la carte. La même petite ligne grise peut ainsi devenir une autoroute, un chemin de fer, une frontière, une rivière ou un télésiège, selon les mots-clés qu’on lui associe.

Au premier abord, la liste des tags que l’on peut utiliser est d’une longueur et d’une complexité assez impressionnante. Rien que pour décrire une route, il n’y a pas moins d’une quarantaine d’attributs disponibles : autoroutes, bretelles, routes primaires, secondaires, tertiaires, résidentielles, piétonnes, cyclables, de service, chemin équestre, forestier, avec rond-point, avec panneau stop, intersection à feux tricolores, type de passage piéton, présence de dos d’âne (dont il y a 6 catégories), praticabilité, barrières... Un peu inquiète, je me demande si j’étais censée prendre note de toutes ces informations, et ne sais pas par quel bout m’y prendre. Jusqu’à quel niveau de détail dois-je décrire une rue ? Combien de tags faut-il lui mettre ? Lesquels sont obligatoires, lesquels facultatifs ? Et d’abord, où est-ce qu’on les écrit, ces « highway=“tertiary” » et « oneway=“yes” » ? Est-ce qu’il faut respecter la casse et les guillemets, comme dans un véritable langage de programmation ?

Heureusement, je découvre que l’éditeur de carte JOSM fait presque tout à ma place. Une fois mon chemin sélectionné, j’ouvre le menu « Balises » qui liste les principaux types de voies. Pour la Rue de la Gare, je choisis « Rue résidentielle ». Une boîte de dialogue me demande d’entrer le nom de la rue, et juste en-dessous, je coche la case « sens unique ». C’est magique : la ligne change de couleur à l’écran, et les tags se sont écrits tout seuls dans la colonne de droite :
- highway | residential
- name | Rue de la Gare
- oneway | yes

Quelques explications supplémentaires trouvées sur le wiki me confirment que ces trois tags sont les seuls indispensables. Pour les grands axes, il faut également rajouter la nomenclature type « D 43 » ou « N 4 ». Je n’ai pas choisi trop problématique pour ma première rue, mais les suivantes vont être plus délicates à classifier. Je ne sais pas trop comment trancher entre rue secondaire et tertiaire pour une grande rue traversant la ville, et ne me souviens absolument plus à quoi ressemble la rue Erckmann-Chatrian.

C’est là que je vais avoir besoin des photographies que j’ai soigneusement prises tout au long de mon parcours sarrebourgeois. Une fonctionnalité fort pratique de JOSM se charge de comparer l’heure à laquelle elles ont été prises et l’heure à laquelle chaque coordonnée de mon tracé a été enregistrée. Comme, bien sûr, l’horloge interne de l’appareil photo et celle du GPS ne sont pas synchro, il faut passer quelques instants à ajuster ces horaires. Quand c’est réglé - et ça se joue à la seconde près - de petits aperçus sont affichés tout le long du tracé avec une incroyable précision. Les photos de cul-de-sac et autres barrages sont posées exactement à l’endroit où le chemin violet fait demi-tour, celles représentant un carrefour sont pile-poil à la croisée de plusieurs chemins... le tout sans aucun décalage entre le début et la fin du parcours de 30 minutes.

Ma petite carte de Sarrebourg compte finalement trois routes départementales ("secondary"), une quinzaine de rues résidentielles ou mineures et le reste de routes tertiaires, dont l’importance se situe quelque part entre les deux précédents. Le cas de la Grand Rue a été un peu subtil, puisque sa partie centrale est piétonne. J’ai donc séparé le chemin en trois morceaux, taggé celui du milieu avec “pedestrian” et les deux autres en “tertiary”, tout en gardant l’attribut “name” à l’identique.

En traçant la rue qui contourne la place des Cordeliers, je me demande comment représenter la place elle-même - c’est-à-dire la surface, l’aire piétonne au milieu. Il me vient alors l’idée géniale (quoiqu’un peu tardive) de prendre exemple sur des quartiers déjà cartographiés par d’autres utilisateurs. Je télécharge le 5e arrondissement de Paris dans une deuxième fenêtre JOSM lancée en parallèle, et regarde comment « ils » ont fait la place Monge. En fait, c’est tout con : une place, c’est un chemin fermé sur lui-même auquel on ajoute le tag “area=yes”.

Si on résume, la carte du monde entier est faite de noeuds, de chemins et de tags :
- un noeud isolé marque un “point d’intérêt”. En lui ajoutant par exemple le tag highway=bus_stop, on le transforme en arrêt de bus ;
- un chemin, reliant plusieurs noeuds, peut correspondre à n’importe quel type de tracé longiligne (route, cours d’eau, chemin de fer...) selon les tags associés ;
- les noeuds constitutifs des chemins peuvent signaler des équipements urbains posés sur la voie (barrier=bollard pour une barrière, railway=station pour une gare...) ;
- un chemin fermé sur lui-même représente une aire, un bâtiment, un groupe de bâtiments ou même une entité administrative

C’est de la magie. Bien que ça ne soit absolument pas dans mon programme initial, je m’amuse à tagger tout ce que je vois sur les photographies. Arrêts de bus, boulangerie, boîte aux lettres, office du tourisme, chapelle, banque, parkings, station essence, mairie... Complètement chronophage, ce jeu — euuuh, ce projet ! Après une ultime contemplation de ma ville, j’envoie les données sur le serveur. D’après ce que j’ai lu, la carte d’Openstreetmap.org est mise à jour une fois par semaine. Il n’y a plus qu’à attendre...

Lire la suite.

Les épisodes précédents :
- OpenStreetMap, les routards du web #1 : A la carte !
- Les routards du web #2 : Lost in GPS
- Les routards du web #3 : Sur la route
- Les routards du web #4 : Les traces de son passage


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