lundi 12 janvier 2009 11:49
Les télés locales, oubliées de la loi sur l’audiovisuel
par Xavier Renard
tag : loi sur l’audiovisuel
Tours, de notre correspondant
A l’image de TV Tours qui fêtera bientôt ses 3 ans, les télés locales ont essaimé un peu partout en France depuis dix ans. Pourtant, elles ont du mal à trouver un modèle économique pérenne. A Tours, Maguelone Hédon, directrice de la chaîne locale, qui est financée par un conglomérat d’actionnaires (la Nouvelle République, Caisse d’épargne...) a saisi les pouvoirs publics pour sortir de l’ornière. « Dans la réforme sur l’audiovisuel, on est un peu les oubliés. Même si nous restons une entreprise privée, nous avons une mission de service public, justifie-t-elle. On est dans une situation paradoxale. On est toujours déficitaire à hauteur de 50 % du budget annuel qui est de deux millions d’euros. Pourtant, les recettes publicitaires rentrent régulièrement. » Avec 200 000 téléspectateurs par semaine (10 000 connexions sur le Web par mois), la chaîne capte une audience de plus en plus large malgré des débuts poussifs. Le changement de direction à la Caisse nationale de la Caisse d’épargne –détentrice de 35 % de l’entreprise– fait craindre un désengagement brutal : « A l’instar de TLT à Toulouse, nous courons le risque de voir les actionnaires se désengager d’activités déficitaires », appréhende celle qui doit rencontrer la ministre de la Culture Christine Albanel dans les prochains jours. Une occasion de faire connaître les cinq amendements de la loi sur l’audiovisuel réclamés par les chaînes locales privées. « Nous demandons à être exonérés de la nouvelle taxe de 3 % sur les revenus publicitaires », expose Gilles Crémilleux, président du syndicat Locales TV, qui compte une quinzaine d’adhérents. Plombés par de lourdes charges –comme la double diffusion en analogique et sur la TNT– les directeurs de chaînes attendent un coup de pouce. Le syndicat entend aussi que les antennes réduisent la voilure : « Il faut mutualiser les programmes régionalement et nationalement et réduire le volume horaire de productions réalisées en interne, défend Crémilleux. Nous devons garder une mission d’information de proximité mais aussi redéfinir les besoins. A nous d’aller chercher de l’audience pour conquérir de nouveaux marchés publicitaires. » Dans cette logique, des licenciements de techniciens et de journalistes sont à craindre. Car, à ses yeux, « une chaîne moyenne devrait avoir un effectif d’une vingtaine de salariés. Ce qui est rarement le cas. » Maguelone Hédon n’est pas sur la même longueur d’ondes. Elle réclame du temps pour arriver à l’équilibre : « Notre projet prévoyait un retour à l’équilibre à cinq ou dix ans. On est sur la bonne cadence. » Pour elle, le pire serait justement que « certains actionnaires se laissent tenter par des modèles qui vont à l’encontre de notre raison d’être. Sacrifier l’information et les productions locales au profit de programmes produits ou achetés en syndication, sans ancrage ferait perdre aux chaînes leur caractère de proximité et leur efficacité ». Paru dans Libération du 12 janvier 2009
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