Les trésors cinématographiques européens enfin exhumés
par Astrid Girardeau
tags : vidéo , cinéphilie
La Guerre aérienne du futur, de Walter R. Booth - DR
Annoncé en février dernier, l’European Film Treasures a été officiellement lancé début juillet avec une première sélection de 53 films produits entre 1898 et 1970 dans le monde entier, et restaurés en Europe. Car, initié Serge Brombert, ce projet est le fruit d’un partenariat entre trente-sept fonds d’archives et cinémathèques d’Europe dont les Archives françaises du film, l’Institut Lumière, et la Cinémathèque française. Son but est de montrer au plus grand monde des films rares du patrimoine cinématographique. Des films « créés, à l’origine, pour leur capacité d’émerveillement, pour faire entrer les gens dans les salles, procurer du plaisir, faire rire, faire pleurer, certainement pas pour être des objets muséographiques ou des sujets d’analyses sémantiques ou scolaires », selon Bromberg. Conformément à cet objectif, le visionnage est entièrement gratuit. Les vidéos sont en streaming (mais pas téléchargeables) et encodées en deux qualités, dont l’une permet un affichage plein écran. Et dans une volonté « d’éditorialisation de qualité », chaque film est accompagné par une fiche technique et un « livret » d’information autour du film, son auteur, ou encore l’histoire de sa restauration.
Parmi les curiosités qui nous ont séduites, on notera Les Kiriki - Acrobates Japonais (1907) de l’espagnol Segundo de Chomon, La Guerre aérienne du futur (1909) de Walter R. Booth, le film d’animation Believe it or don’t (1935) de Charley Bowers, ainsi que les films expérimentaux Symphonie diagonale (1925) de Viking Eggeling et John MacFadyen (1970) de l’écossaise Margaret Tait.
Les Kiriki - Acrobates Japonais, de Segundo de Chomon - DR
La sélection, destinée à être enrichie, est volontairement hétéroclite. « Comme une vitrine de tous les genres », elle mêle époques, genres (science-fiction, comédie, western, etc.), formats. Mais aussi tous les publics. En tête des films les plus consultés, on retrouve ainsi des films légèrement érotiques : Les Pommes-amortisseuses et la bouteille de Coca (1948), Le Bain de sable (1906) et La coquette domestique (1908). Suit ensuite Bucking Broadway, l’une des premières réalisations de John Ford (1917). Ce film, muet, comme 25 autres, a été sonorisé par un compositeur contemporain. Ici, Antonio Coppola.
Symphonie diagonale (1925) de Viking Eggeling - DR
De conception européenne, le site est décliné en cinq langues (français, anglais, italien, espagnol, allemand). Chaque vidéo est diffusée dans sa version originale et sous-titrée également en cinq langues. Une recherche avancée permet de filtrer les films par cinémathèque, période, genre, nationalité, tirage et son. Prochainement, les internautes pourront laisser des commentaires. Aussi devraient bientôt s’ouvrir un espace de documentation
sur l’univers du film de patrimoine et un espace pédagogique à destination des plus jeunes.
Il y a 3 réactions à cet article.
Lire les réactions.Réagir à cet article.
Partager cet article

