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Vidéo à la demande : faites votre programme télé

samedi 20 mai 2006

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Les vidéoclubs condamnés à évoluer

Composer soi-même son programme télé, c’est ce que permet la video on demand (VOD). Si l’offre de films et séries à télécharger est encore mince, une quinzaine de sites français se sont déjà lancés sur ce marché porteur, qui promet de bouleverser nos habitudes de téléspectateurs.

par Samuel Douhaire

tags : série , téléchargement

Miss VOD avec Keanu Reeves dans Matrix ©Caroline Delmotte

Parmi les dommages collatéraux de cette offensive de la vidéo à la demande, les vidéoclubs semblent une victime désignée. Car, avec la VOD, plus besoin de se déplacer, pas de problème d’indisponibilité des titres les plus demandés, et aucun risque de pénalité de retard. Un signe fort : Glowria.fr, leader des sites de location de DVD en ligne (avec réception et réexpédition par la poste), doit lancer cette année son service de VOD. Pourtant, à en croire les vidéoclubs classiques, la principale menace viendrait du piratage. Le Syndicat national de la vidéo locative (SNVL) estime que les clients ont commencé à se raréfier en 2003, avec l’émergence de l’Internet à haut débit. « Les jeunes ne vont plus dans les vidéoclubs, déplore son vice-président, Georges Mizrachi. Trois mois avant sa sortie en DVD, on trouve déjà les Bronzés 3 en téléchargement illégal sur le Net. »

Aujourd’hui, l’impact de la VOD sur les vidéoclubs resterait donc limité. « Nous pouvons louer un film six mois après sa sortie en salles. La VOD doit attendre un mois et demi de plus. Or 80 % du chiffre d’affaires d’un vidéoclub généraliste provient de ces nouveautés », explique Mizrachi. Pour assurer ses arrières, ce gérant de magasins Vidéo Futur et de distributeurs Cinébank aimerait « pouvoir louer un film quatre mois après sa sortie en salles », ce qui permettrait de remuscler une activité déjà repartie à la hausse l’an dernier. L’embouteillage des sorties en salles aide paradoxalement les vidéoclubs : des films passés inaperçus au cinéma peuvent connaître une seconde carrière grâce à la location. Georges Mizrachi évoque également les avantages « naturels » du vidéoclub sur la VOD : « la convivialité, le contact humain et le conseil aux habitués », du moins quand le vidéoclub n’est pas un distributeur automatique, qui représente aujourd’hui les trois quarts des 6 000 points de location en France. Sans oublier le prix : une location de six heures dans un distributeur Cinébank coûte 1,50 euro, alors qu’une nouveauté en VOD revient à 4,99 euros. Mizrachi mise aussi sur l’arrivée des DVD haute définition fin 2006 ou début 2007 : « Les innovations ont toujours bénéficié au secteur de la location. C’est un excellent moyen pour les consommateurs de tester une technologie. Et les sites de VOD ne pourront pas se mettre tout de suite à la haute définition, en raison des problèmes de stockage de fichiers numériques de plus en plus lourds ». Mais que se passera-t-il dans dix ou quinze ans quand, de l’avis général, les modes de consommation dématérialisés auront définitivement pris le dessus ? « Les vidéoclubs sont là pour rester car les gens auront toujours besoin de proximité, avance Mihai Crasneanu, pdg de Glowria.fr. Mais ils sont condamnés à évoluer et à proposer quelque chose de très différent. » Sans doute une offre moins centrée sur les blockbusters hollywoodiens, et plus ouverte sur les vieux films ou les inédits comme dans la boutique parisienne Vidéosphère, très appréciée des cinéphiles. Une offre où la notion de conseil et de convivialité avec le client prendrait encore plus d’importance.



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