jeudi 12 octobre 2006 18:04
Les votes très animés du festival Bitfilm
Pour la première fois les 120 films participant au festival Bitfilm sont visibles sur le net. Les internautes votent pour désigner les lauréats.
par Marie Lechner
Travel Diary de Keng-Ming Liu - DR
Le Bitfilm de Hambourg, l’un des premiers festivals entièrement consacrés aux films numériques, continue d’innover. En 2000, il organisait la première compétition d’animations réalisées avec le logiciel Flash. Dès 2003, il ouvre sa sélection aux Machinima (réalisés avec les moteurs de jeux vidéo) et aux films pour téléphones portables (micromovies). Cette année, pour la première fois, le festival montre l’intégralité de son programme sur le net, soumettant les films au vote des internautes. Plus de 120 long et courts-métrages concourent dans six catégories, des blockbuster 3D hollywoodiens (pour ceux-ci, il faudra se contenter de la bande-annonce), à des films de 30 secondes pour les mobiles, des animations de synthèse aux cartoons en flash, en passant par les films hybrides (FX MIX), sans conteste la sélection la plus passionnante. Une manière astucieuse de reprendre à son compte le phénomène du film viral. « Chaque internaute a eu un jour dans sa boîte mail des petits films courts, la plupart du temps drôles ou bizarres, forwardés par des amis, constate Aaron Koenig, fondateur du festival. Lorsqu’on aime un film, on souhaite le recommander, on le renvoie à dix amis qui l’envoient à dix autres et c’est l’effet boule de neige. C’est une manière de toucher des millions de spectateurs. » En mettant toute la sélection en ligne, il espère bénéficier de ce bouche-à-oreille. « On avait déjà tenté l’expérience il y a six ans, mais c’était trop tôt. Aujourd’hui, le haut-débit et les ordinateurs rapides se sont généralisés », se réjouit Aaron Koenig, qui fait confiance à la vox populi pour désigner les meilleurs films. « Nous nous sommes contentés de faire la présélection. Laisser la communauté voter, c’est le principe même de l’internet. Lors des précédentes éditions, seuls les habitants de Hambourg pouvaient voter par SMS, maintenant le monde entier peut faire son choix » Un choix dont se félicite l’organisateur qui dit que ses goûts sont « toujours très proches de ceux du public ». Depuis le lancement le 7 septembre, le site a enregistré 72 000 visiteurs et 800 000 pages vues. Le premier round de votes chargés de désigner les cinq finalistes de chaque catégorie est désormais clos. Le second et ultime round vient d’être lancé, les internautes auront jusqu’au 25 octobre pour départager les nomimés et désigner le lauréat. A découvrir, le ravissant Travel Diary, un journal de voyage de Keng-Ming Liu qui mêle avec légereté 2D, animation, collage, vidéo, photo, stop motion et illustration, ou encore Eat dog Cat Mouse de Kwok Fung Lam, l’histoire d’un bûcheron qui mange un chien qui mange un chat qui mange une souris et qui le regrette. Dans la catégorie 3D, pas moins de trois films français en lice, avec l’efficace Versus, les internautes préférant la farce rondement menée aux films plus expérimentaux comme 90°. A signaler dans cette catégorie, Elephants dream, un film néerlandais entièrement développé avec des outils open source, qui entraîne le spectateur sur les pas de deux personnages dans un monde machinique menaçant. On préfère le caustique No room for Gerold, pour l’universalité de son sujet, une réunion de colocs dans la cuisine de l’appartement qui vire au vinaigre. Autre surprise, la sélection machinima, dont les films s’éloignent de plus en plus des pastiches potaches de jeux vidéos pour traiter des sujets plus intimes (cf les deux films de David Riedel, notamment son thriller érotique Unfaithful) ou inventer des genres inédits, comme ce talk-show hilarant Tra5hTa1k où le présentateur montre ses films de vacances tournés dans le monde virtuel Second Life. Le public a également fait preuve de goût dans la sélection Flash privilégiant les animations poétiques et bluesy aux cartoons humoristiques. Un seul regret, l’absence des frères Lycette parmi les nominés Micromovie. Leur minie-série Typecast (Gag et Gadget) fait du téléphone le personnage principal, croquant au passage les effets inopinés du mobile sur le comportement de ses propriétaires.
Partager cet article
Partager Tweet


