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jeudi 29 avril 2010 17:45

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« Lie to Me », le mensonge est ailleurs

par Alexandre Hervaud

tag : série

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Originale et inédite en France, la série Lie To Me redorera dès ce soir le blason des prime time de M6, en conférant à sa grille un degré d’insolence et de prise de risque qui confine au génie. Mené par un Tim Roth plus jouissif que jamais, ce feuilleton sur un scientifique capable de déceler le vrai du faux dans les expressions corporelles révolutionne la fiction sur petit écran. Ses enquêtes pour la police ou des particuliers démasquent imposteurs, bidasses corrompus et autres politicards mythomanes.

Ah ah ah, on vous a bien eu ! Si le docteur Lightman (celui incarné par Tim Roth dans la série) nous avait vu écrire ce texte, le sourire en coin, il aurait repéré ce petit soulèvement de notre lèvre supérieure, signe évident de condescendance teintée d’ironie, comme chacun sait. Bref, désolé, mais on vous a menti, Lie to me, ça casse vraiment pas des briques. Attention, rien de honteux non plus. D’ailleurs quand on qualifiait Roth de jouissif, on ne mentait qu’à moitié. L’acteur culte de Reservoir Dogs assure un minimum dans le rôle d’un détecteur de mensonge ambulant, personnage excentrique et véritable voleur de scène.

Hélas, comme chaque épisode ou presque est constitué de plusieurs enquêtes parallèles, Tim Roth n’est pas omniprésent, et l’intérêt des scènes sans lui s’en ressent fortement. Créé par Samuel Baum, scénariste de 34 ans au CV maigrelet (à son actif, la série The Evidence passée inaperçue), Lie To Me est un des cartons du début d’année 2009 outre-Atlantique pour la Fox, qui avait bien besoin d’un nouveau hit pour succéder à son Prison Break grabataire.

Arrivé quelques mois après les débuts du Mentalist, le personnage de Tim Roth a immédiatement été comparé à celui interprété par le blondinet Simon Baker dans la série diffusée par TF1. Tous deux se distinguent par leurs facultés de déduction hors norme, et les médias s’en sont donné à cœur joie pour arbitrer sur papier glacé des matchs entre les deux personnages. Pour tout vous dire, on aurait bien fait la même chose, mais comme on a déjà grillé notre carte bobard avec l’intro, soyons honnêtes : on n’a jamais regardé The Mentalist. Ce qui ne va pas pour autant nous empêcher de jouer, à notre tour, au petit jeu de l’affrontement entre personnalités, sur le thème du mensonge, décidément très à la mode cette semaine avec la sortie en salles hier de The Invention of Lying. Dans cette comédie de et avec Ricky Gervais, le mensonge n’existe pas sur Terre, tout le monde dit la vérité quitte à blesser son prochain par son franc-parler. Jusqu’au jour où le personnage de Gervais sort le tout premier bobard pour draguer, entraînant son lot de conséquences improbables.

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C’est parti pour le clash : sur la droite du ring, Tim Roth, qui a déserté les salles obscures depuis son second rôle testostéroné dans l’Incroyable Hulk (2008). Face à lui, le joufflu Ricky Gervais, scénariste et humoriste anglais derrière les séries cultes et hilarantes The Office et Extras. Tandis que le premier négocie un virage serré du grand vers le petit écran, le second suit donc le chemin inverse avec cette première réalisation distribuée discrètement au cinéma. Là où Gervais excelle derrière les traits du benêt pince-sans-rire dans une comédie qui verse dans l’anticléricalisme sympathique, Roth se la joue Horacio des Experts : Miami, dos courbé et stock de vannes molles inclus. Victoire en demi-teinte pour Gervais sachant que son film est promis à un bide, tandis que Roth devrait sans peine séduire la ménagère. La seule vérité qui compte, pour M6.


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