mercredi 16 juillet 2008 13:25
Lively : Google se lance dans le social 3D
par Tiphaine Saliou
tags : web 2.0 , second life , Google , 3D
La 3D permet aux dialogues de prendre vie - DR
Sans faire de bruit (ou presque), Google a lancé, mercredi 9 juillet, son propre monde virtuel : Lively, un univers au graphisme coloré. C’est, pour l’instant, une première version bêta. A l’image de la campagne de communication, le site est d’une sobriété déconcertante : quelques photos, un teasing et cette invitation, laconique : « crée ton avatar et tchatte avec tes amis dans les pièces de ton choix ». Un monde virtuel, renouveau ou déjà-vu ? Inévitablement, la comparaison avec Second Life s’impose. Même principe : l’expérience commence par la création, très simple, d’un avatar à personnaliser. Une session d’essayage. Une bibliothèque offre un choix (très) limité de caractéristiques physiques et vestimentaires. La comparaison s’arrête là. Loin des mondes parallèles et des jeux vidéo, « Lively by Google » se veut un réseau social en trois dimensions. La version ludique d’un tchat, entre amis ou avec des inconnus.
Pour l’utiliser, il suffit de posséder un compte google (gmail). Pas de logiciel à télécharger, juste un plug-in à installer sur son navigateur —actuellement en phase de test, il ne fonctionne que sur Windows Xp et Vista. Une fois l’avatar créé, direction les « rooms », espaces publics ou privés où le tchat peut commencer. La 3D permet aux dialogues de prendre vie. Les avatars disposent d’attitudes préconçues : ils applaudissent, dansent, se disent bonjour, s’embrassent... et maîtrisent parfaitement les arts martiaux ! Les espaces sont entièrement personnalisables. A la base : un salon, une boite de nuit, une île paradisiaque, un ranch au milieu du désert... Que chacun peut ensuite décorer à sa guise. Et agrémenter d’une musique de fond (512 kb maximum), de photos (Picasa), ou d’une vidéo (Youtube). Une manière subtile de dévoiler ses centres d’intérêts.
C’est justement dans cette niche que se situe Lively. La création de micro communautés —les « rooms » sont limités à 20 personnes à la fois— par sexe, passions ou nationalités. Pour exemple, le « Brasil café » ou le « Rock bar », mais aussi le « Study », réservé aux amateurs de littérature et de politique, et la « Fashion room » prise d’assaut par les fans de mode. Les créateurs ne souhaitaient pas inventer un monde dans son ensemble, mais plutôt participer à la formation de réseaux virtuels. Pour preuve, Lively a envahi tous les lieux symboliques de l’Internet dit social, en permettant d’insérer les « rooms » créées dans des pages web : blog, profil Facebook ou page Myspace. Dès lors, plus besoin de passer par la site de Lively. L’accès est direct depuis votre page perso. « A force de me promener sur Internet, j’ai souhaité rendre les pages moins statiques, explique le concepteur, Niniane Wang, sur le blog officiel de Google. Bien sûr vous pouvez déjà laisser des commentaires sur les blogs, mais comment faire si je veux m’exprimer de manière plus amusante, dans un espace 3D avec un avatar ? (...) Avec Lively, nous voulons offrir aux internautes une expérience communautaire encore plus agréable. »
Mais passée la phase de découverte, l’avatar tourne vite en rond. Discuter s’avère l’unique activité proposée. Impossible de se promener, de jouer ou de travailler dans le monde de Lively. L’internaute peut seulement changer de pièce, en passant par le menu principal. Ici, le monde réel ne perce pas. Google n’a (pour l’instant) pas introduit de monnaie. L’arrivée d’une « room » de la chaîne National Geographic laisse néanmoins présager une ruée des marques.
Interface de personnalisation de l’avatar - DR
Une room boite de nuit - DR
Une room île - DR
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