samedi 1er juillet 2006 17:24
« Loco Roco », pied de niais
Un jeu qu’on maîtrise en trois touches mais moins gentillet qu’il en a l’air.
par Bruno Icher
tag : PSP
« Loco Roco », Sony pour PSP, 50 euros.
Difficile de déterminer ce qui est le plus accrocheur dans Loco Roco. Le graphisme « Barbibulle » des créatures gélatineuses qui s’empâtent quand elles ingurgitent des roses Tagada ? Ou leurs chansons entêtantes en métalangage ? Peu importe, la combinaison fait mouche. Le titre créé par les studios de Sony pour la PSP est une implacable mécanique de plaisirs. A commencer par celui de prendre un jeu en main avec seulement trois boutons. Les gâchettes gauche et droite inclinent le décor, pour que la bestiole dévale des pentes et déniche les fameuses roses survitaminées. Une pression sur les deux gâchettes et le Loco Roco effectue un bond pour accéder à des corniches, des passages secrets et toutes sortes d’éléments du décor dévoilés peu à peu. Le dernier bouton, le O, permet de fragmenter la petite bête ou de l’agglomérer à volonté. Explication : le Loco Roco vient de se goinfrer avec quinze roses Tagada et ressemble à un bloc de jelly, qui peut se déplacer ou sauter mais non pénétrer dans un passage étroit. Une pression sur le O et la créature se fragmente en quinze petits Loco Roco qui se glissent dans le tunnel. A la sortie, nouvelle pression, tout s’agrège et la bestiole retrouve son gros bide. Si on ne s’en lasse pas, c’est que la richesse inventive des développeurs a fourni un terrain de jeu d’une rare fantaisie, assumant pleinement son côté cucul la praline. La créature bondit de fleur en fleur, sur un iceberg où il prend une vitesse folle, dans les entrailles poisseuses d’un crapaud... Mais l’addiction est surtout due à l’équilibre savant entre difficulté et facilité. Depuis longtemps, les joueurs savent que jolies couleurs acidulées, visages rayonnants de bonheur et décors à la Oui-Oui ne sont pas synonymes de simplicité. Miyamoto avec Mario et consorts l’a démontré. Chez Sony, c’est nouveau et c’est une bonne chose. Surtout pour la PSP qui n’avait pas encore trouvé de jeu de cette envergure. Loco Roco perpétue ainsi une tradition singulière qui veut qu’un jeu puisse être à la fois facile et difficile. Facile à prendre en main mais ardu dès que l’on veut battre les records, terminer le jeu à 100 % ou collectionner les objets bonus. Comme tous les très bons jeux, Loco Roco laisse le joueur décider tout seul de la nature de son plaisir.
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