jeudi 17 septembre 2009 14:42
Londres veut couper Net
Le Royaume-Uni menace lui aussi de déconnecter les pirates.
tags : musique , piratage , Royaume-Uni
Concert de Robbie Williams - CC Thomas Wanhoff
De notre correspondante à Londres
Outre-Manche, quand la chanteuse Lily Allen s’énerve, c’est, en général, le signe que ça va chauffer. Et là, alors qu’approche la fin d’une consultation sur le contrôle du téléchargement illégal sur Internet, les esprits s’enflamment sérieusement. « Je pense que le piratage de la musique [sur Internet, ndlr] a un impact dangereux sur la musique britannique, mais quelques artistes à succès et vraiment riches, comme Nick Mason des Pink Floyd ou Ed O’Brien de Radiohead, ne semblent pas d’accord », écrit sur son blog l’interprète de Smile. Et c’est là tout le problème : l’industrie de la musique n’en finit pas de se déchirer sur la question. Lord Peter Mandelson, ministre du Commerce, vient en effet d’opérer un virage sec sur la question des sanctions en cas de piratage sur le Web. Dans le plus pur style Hadopi, il recommande désormais de couper purement et simplement l’accès à Internet aux personnes se rendant coupables de téléchargement illégal. Avec cette nouvelle proposition, qui devrait être incluse dans un texte de loi sur le numérique présenté en novembre au Parlement, Lord Mandelson désavoue les conclusions de l’ancien secrétaire d’Etat aux Technologies, Lord Stephen Carter. En juin, ce dernier écartait l’idée de couper la connexion des contrevenants et donnait à l’Ofcom, l’organe de régulation des communications, jusqu’à 2012 pour élaborer des solutions pour contrer le piratage. Mais pour Lord Mandelson, le temps presse. Début août, il déjeune avec le producteur David Geffen, fervent opposant au téléchargement illégal. Deux semaines plus tard, le ministre annonce envisager de couper l’Internet aux pirates. « Rien à voir avec le déjeuner en question ou toute tentative de lobbying de l’industrie », s’est-il défendu. L’idée de supprimer la connexion ne serait appliquée « vraiment qu’en dernier ressort, après plusieurs avertissements », a expliqué le ministère. Combien d’avertissements ? « Cela dépendra, nous mettons beaucoup plus l’accent sur l’éducation des gens, leur faire comprendre qu’ils font quelque chose d’illégal. » Sauf que pour nombre d’artistes, notamment ceux de la Featured Artists Coalition (dont Nick Mason du Floyd, Radiohead ou encore Robbie Williams) qui affiche son « opposition véhémente » à une telle mesure, « cela va démarrer une guerre qu’ils ne vont jamais gagner ». Outre la difficulté de repérer les contrevenants, les artistes craignent de s’aliéner leurs fans. « Nous craignons fort, à un âge où la compétition est accrue, que ces propositions n’éloignent les jeunes gens de l’idée d’écouter de la musique », estime ainsi Dave Rowntree, batteur de Blur. Paru dans Libération du 16 septembre 2009
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