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vendredi 4 juin 2010 12:05

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« Lost », un final très remonté

par Alexandre Hervaud

tag : série

DR

Avertissement : l’article qui suit va évoquer la saison 6 de Lost et sa fin, déjà disponible en France en VOD (TF1 vision, iTunes) mais pas encore diffusée en TV. SPOILER ALERT, donc.

Lost, c’est fini. Au bout de six saisons, le show a rendu l’âme (enfin, les âmes) le 23 mai dernier outre-Atlantique. On va tâcher d’être honnête et bref sur le ressenti provoqué par cet épilogue tant attendu : oui, pendant son double épisode final, votre serviteur a souillé son lot de kleenex devant certaines scènes émouvantes, tout ému de retrouver certains personnages perdus de vue depuis un bail. Mais ces scènes, situées dans l’univers a priori alternatif (des flash-sideways), n’étaient à la réflexion qu’un facile tour de passe passe émotif, du genre tire-larme à gros sabots, pour s’achever sur ce qui restera comme un joli foutage de gueule rempli de bondieuserie pataude. On doit en trouver un paquet, mais la critique française résumant le mieux notre avis est à lire par ici.

Tout ça pour en venir à l’initiative Lost Revised, dont l’auteur (anonyme pour l’instant) a lui aussi réagi moyennement aux conclusions de Damon Lindelof et Carlton Cuse : « Beaucoup de gens ont investi du temps et de l’énergie en suivant Lost au fil des années. J’en fais partie. Beaucoup ont aimé la façon dont la série s’est terminée. Je n’en fais pas partie ». Et de critiquer le twist final tant décrié (dans les flash sideways, tous les personnages sont en fait morts et attendaient peinards d’être tous prêts à avancer, en gros le bon vieux trip du purgatoire). Lost Revised s’est chargé d’une mission peu commune : éditer la saison 6 en l’expurgeant totalement des scènes de flash sideways ! C’est ce qu’on appelle un fan remonté.

What if God was one of Lost ? - DR

« Je pense vraiment que ce montage va améliorer l’original, et sera bien plus satisfaisant pour les fans de la mythologie du show. J’ai peut être raison, peut-être pas », écrit-il sur le site. Une telle initiative n’est pas une première : les fan versions de nombreuses œuvres pop existent depuis belle lurette, la plus fameuse étant celle de Star Wars épisode 1 (Episode 1.1 - The Phantom Edit), qui s’était notamment appliqué à zapper toutes les apparitions de l’insupportable Jar Jar Binks.

Pour l’instant, seul le double épisode s06 e01-e02 est disponible. Et tout de suite, le régime light appliqué par Lost Revised se fait ressentir, puisque le double épisode hébergé sur Megavideo affiche désormais une durée totale de 52 minutes ! On peut donc raisonnablement s’attendre à des épisodes « normaux » réduits à 20 minutes environ : autant dire que cette saison remixée sera plus rapidement visible que l’originale. Du moins si elle voit le jour, car on peut aisément imaginer que ABC ne voit pas d’un bon œil cette réutilisation, aussi artistique soit-elle, de sa série phare.

Que vaut au final cette tentative que d’aucuns qualifieront sans doute de totalement vaine ? Et bien dans le cas du double épisode constituant le season premiere, le lifting, pour ne pas dire la liposuccion, de Lost Revised fonctionne bien. Ne pas avoir à « subir » l’univers des flash-sideways (ce que l’on croit être, au début, une version de la vie des personnages qui ne se seraient jamais crashé sur l’île et vivent leur vie à Los Angeles) permet d’effacer un peu de sa mémoire le douteux final du show. Un peu à la manière du personnage de Jim Carrey dans le Eternal Sunshine... de Michel Gondry, des pans entiers de l’histoire sont ainsi zappés dans un but totalement égoïste et créatif à la fois, propre à la génération mash-up / remix : une forme de révisionnisme narratif pour ne voir que ce qui nous plait (ou presque), et rien d’autre. Un procédé qui fonctionne car, rappelons-le, l’univers des flash-sideways se révèle au final totalement inutile en terme de storytelling Lostien (aucun rapport avec la mythologie de l’île et ses mystères). L’effet est donc aussi simple qu’efficace, mais pas forcément salvateur : les longues scènes des premiers épisodes situés dans le Temple resteront, à n’en pas douter, aussi ennuyeuses avec ou sans remontage.

Quoi qu’il en soit, Lost Revised ne fait qu’entretenir un culte qui ne devrait pas pâtir d’une fin décevante, au contraire : en attendant un éventuel spin-off ou une résurrection officielle quelconque, c’est sans aucun doute du côté des amateurs que le mythe Lost va perdurer. Un peu comme avec les fans de Star Wars, qui peuvent aussi apprécier Lost, et ce sera notre conclusion (bateau, certes, donc raccord avec le show) :


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