jeudi 9 octobre 2008 11:33
M6 veut produire sa grille à sa sauce
Obligations. Les télés sont sommées d’investir dans les fictions, l’animation et les docus français.
par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos
Imaginons, vous êtes un fan de Capital, un mordu de Zone interdite, un dingo de Secrets d’actualité. Eh bien figurez-vous que vos chers magazines, tous diffusés sur M6, pourraient bien être, à terme, remplacés par des fictions françaises. C’est un des enjeux de la baston à laquelle se livrent en ce moment chaînes de télé et producteurs. Il s’agit de remettre à plat les décrets Tasca qui fixent les obligations de production des télés. Du côté des producteurs, on souhaite que ces obligations soient précisées afin que les chaînes soient tenues d’investir dans du « patrimonial ». A savoir, des fictions, des docus et de l’animation. Un changement qui ne dérange pas France Télévisions, déjà grosse pourvoyeuse en la matière. Avec Canal +, ça va aussi, et un accord a été signé mardi avec les producteurs : la chaîne cryptée devra désormais 3,4 % de son chiffre d’affaires à la production patrimoniale. Ce qui correspond à sa politique actuelle avec des séries style Nos enfants chéris. Avec TF1, l’accord n’est pas signé mais ça ne devrait pas tarder : la Une verrait ses obligations de production baisser avec, en échange, une augmentation du quota d’œuvres patrimoniales. Chez M6, en revanche, ça coince, son patron, Nicolas de Tavernost, réclamant que ses Capital et Zone interdite soient considérés comme des émissions patrimoniales, afin d’entrer dans ses obligations de production. « Ce n’est pas une demande, c’est une exigence », a-t-il souligné, hier, à l’AFP. Si M6 et les producteurs ne parviennent pas s’entendre, le ministère de la Culture a prévenu qu’il mettrait tout le monde d’accord par décret.
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