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mardi 29 juin 2010 10:51

  • internet

Marie-Françoise Marais : « Expliquer avec des mots simples »

La présidente de l’Hadopi revient sur les difficultés de sa mission

par Erwan Cario

tags : interview , riposte graduée , Hadopi , défaut de diligence dans le maintien opérationnel du dispositif de sécurisation de votre accès Internet

Marie-Françoise Marais, présidente de l’Hadopi et Jacques Toubon, membre de l’Hadopi, lors du point presse organisé hier à Paris - Photo Sébastien Calvet.

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La haute autorité a présenté hier son dispositif contre le téléchargement illégal. Plutôt embrouillé et à la tête du client.

Marie-Françoise Marais, 65 ans, conseillère à la Cour de cassation et spécialiste des affaires de propriété intellectuelle, est depuis le 8 janvier 2010 présidente de l’Hadopi.

Comment allez-vous gérer la complexité du processus ?
Notre but, c’est d’avoir une action explicative. On s’aperçoit que c’est souvent mal compris. C’est une de nos préoccupations : arriver à parler français et à être compris par tout le monde. Il faut expliquer avec des mots simples. Y arriverons-nous ? Je n’en sais rien, mais c’est tout au moins notre détermination.

Avec le « défaut de diligence dans le maintien opérationnel du dispositif de sécurisation », vous allez avoir du travail…
On aura un décryptage beaucoup plus direct. Ça se fera au fur et à mesure.

Pour vous rapprocher du monde de l’Internet, n’êtes-vous pas en train de prendre vos distances avec les ayants droit, en déclarant par exemple que vous ne traiterez pas forcément toutes les saisines ?
Nous ne prenons pas nos distances avec les ayants droit. Ils sont là, ils sont présents, et on les écoutera tout autant. La mission de l’Hadopi est difficile. Il faut rechercher des équilibres entre des intérêts qui semblent tellement éloignés qu’on ne peut pas les rapprocher. Mais ce n’est pas gravé dans le marbre. C’est un secteur qui évolue très vite. L’innovation, c’est très important. Il faut que tout le monde participe pour construire quelque chose de collectif.

Avez-vous déjà réfléchi aux critères qui permettront de jauger l’efficacité de l’Hadopi au bout d’un an ou deux ?
Il doit y avoir des retombées économiques, évidemment. Mais il va falloir qu’on trouve des indicateurs sur l’activité d’Hadopi. Mais à la création de ces indicateurs, il y aura obligatoirement une consultation ouverte où différents types d’intervenant devront donner leur avis.

Les accords de l’Elysée, qui ont abouti à la loi Hadopi 2 datent de fin 2007. Deux ans et demi déjà. Les internautes ne semblent plus être vraiment concernés par Hadopi.
Vous savez, ce qui s’est passé avant le vote de la loi ne me concerne pas. Ca fait juste six mois que j’ai pris mes fonction et quatre mois que l’équipe se met au travail. Je ne suis pas sûr qu’on nous ait oublié, et une fois que nous aurons lancé nos activités, on reparlera de nous. Hadopi a été voulue par la loi, et je considère que nous sommes dans une société démocratique. Une loi est votée, on met en place une autorité administrative indépendante, et j’accepte de faire le job. C’est tout.


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