jeudi 13 décembre 2007 09:54
Mario et Sonic à la noce.
par Olivier Séguret
tags : sports , wii , Moi jeux
« Mario et Sonic aux Jeux Olympiques ». DR
Bon, ça y est, ils ne s’en cachent plus : Mario et Sonic sortent ensemble. Le coming out aura pris du temps. Le hérisson bleu, prince héritier de la grande famille Sega, et le plombier chaplinesque qui règne sur la dynastie Nintendo, ont sauté le pas après des lustres de rivalité jalouse. Mieux, ils présentent aujourd’hui au monde le fruit de leur union soi-disant virtuelle : Mario et Sonic aux Jeux olympiques. L’alliance du hirsute hystérique et du moustachu débonnaire offre à leurs plus vieux fans la réalisation d’un fantasme : pouvoir jouer en même temps et en un seul jeu avec des icônes qui se font concurrence depuis 20 ans. Il aura fallu pour cela que Sega renonce à sa casquette de constructeur, comme ce fut le cas en 2001 après l’échec de sa console Dreamcast. Désormais éditeur pour toutes les plates-formes de jeu (sans oublier sa toute-puissance persistante dans le monde de l’arcade), Sega a puisé dans l’épreuve la dynamique d’un affranchissement, le goût d’une forme d’autonomie. Son Sonic fétiche n’ayant plus de port d’attache, il a les mains libres pour s’acoquiner avec qui bon lui semble. Comme le confirme James Rebours, patron de Sega France, sa compagnie a fait le premier pas puis développé ces Jeux olympiques pour supermascottes, qui jouissent par ailleurs de la première licence accordée par Pékin 2008 à un jeu (l’officiel, de style réaliste, sortira au début de l’été prochain). Fun, coloré et scintillant d’animations, le titre n’en est pas moins très sérieux à l’égard de son programme olympique : le joueur se surprend à fournir des efforts bien plus intenses qu’avec le fameux Wii Sports par exemple. « Party game » qui comprend d’innombrables compétitions autour d’une vingtaine de disciplines sportives (de la natation au tir à l’arc, du trampoline à l’aviron, en passant par l’escrime, le ping-pong et toutes les épreuves de l’athlétisme), Mario et Sonic aux J.O. est aussi une éloquente démonstration du savoir-faire de Sega, notamment de sa rapidité d’adaptation à un objet aussi complexe que la manette wiimote, ici sollicitée et interprétée sous toutes ses coutures. Chez Sega, le mantra, le nombre d’or, cela a toujours été le gameplay. Une évidence pas toujours partagée par les concurrents : considérant l’ensemble du paysage, James Rebours gameplay, menacé par un risque de négligence au profit de l’esthétique et de la technologie ». C’est exactement ça.
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